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La diversification

Recherches effectuées par Melinda

C’est dans les années 60 et 70 que l’on a poussé le plus loin l’introduction précoce des solides : dès 2 mois, les bébés avaient droit non seulement aux bouillies, mais aussi aux fruits, aux légumes et à la viande. Stimulés autant par les médecins que par les industriels désireux de vendre leurs petits pots, les parents semblaient engagés dans une course folle à qui mettrait le plus tôt possible une cuillère dans la bouche de son bébé.
Même si l’on est aujourd’hui moins pressé (d’ailleurs, depuis un arrêté du 17 avril 1998, les aliments pour bébés doivent porter la mention « à partir de 4 mois », avant, espérons-le, de porter celle « à partir de 6 mois »), la France reste, d’après le Pr Voyer, « le pays d’Europe où la diversification de l’alimentation est la plus précoce ».
Or toutes les études récentes le montrent, non seulement une diversification alimentaire précoce est inutile, mais elle peut aussi être nuisible.
Inutile…[…]Introduire trop tôt les solides consiste à remplacer un aliment complet – le lait maternel – par quelque chose de qualité inférieure, plus coûteux en argent et en temps de préparation, pouvant être contaminé (notamment dans le Tiers-Monde, avec les problèmes d’eau non potable) et induire des infections microbiennes et des diarrhées, et que le système digestif de l’enfant n’est pas prêt à assimiler.
Comme le disait l’UNICEF en 1999, « sauf cas très rares, non seulement le bébé n’a besoin d’aucun autre liquide ou aliment avant 6 mois, mais de plus ces compléments peuvent être nuisibles, en augmentant l’exposition aux germes pathogènes, en favorisant la survenue d’allergies, et en abaissant la quantité de lait maternel consommé par l’enfant ».
L’ANAES ne dit pas autre chose quand elle écrit dans ses recommandations (2003) : « L’introduction de compléments entre 4 et 6 mois en plus de la poursuite de l’allaitement conduit à un excès de risque significatif de gastro-entérite et doit donc être déconseillée. »[…] Et ils sont aussi à long terme : une étude faite en Irlande (4) a montré que les enfants qui commençaient à recevoir des solides avant 3 mois ½ avaient un risque plus élevé de pathologies cardiaques et de diabète à l’adolescence.
Les allergologues quant à eux s’accordent tous pour déconseiller une diversification alimentaire précoce, car plus l’on introduit tôt un aliment, plus le risque d’intolérance, voire d’allergie vraie est grand. Comme le disait le Pr Dutau (CHU de Toulouse) dans un article de Que Choisir en 1999, « il n’existe aucun argument médical pour donner autre chose que du lait maternel ou en poudre avant l’âge de six mois ». Et ils conseillent d’attendre l’âge de 1 an pour certains aliments : oeufs, poisson, arachide, jus de fruits, fruits exotiques, arômes et additifs divers, farines contenant du gluten... […]

Comment ça se passe ?
En fait, la plupart du temps, on n’a pas à se poser tant de questions, car l’enfant manifeste très bien son envie de commencer à goûter autre chose.
Cela se passe souvent vers le milieu de la première année. A cet âge,
– l’appareil digestif a mûri et devient capable d’absorber toute une gamme d’aliments,
– la « barrière » de la muqueuse intestinale s’est développée, ce qui réduit les risques d’allergie alimentaire,
– le réflexe de succion a diminué, la sécrétion de salive augmente et aide l’enfant à avaler des aliments de consistance épaisse,
– la coordination musculaire s’est améliorée : la langue peut transférer à peu près les aliments solides de l’avant à l’arrière de la bouche,
– le contrôle des mouvements de la tête s’est amélioré, le bébé tient assis, peut se pencher en avant, détourner la tête pour dire qu’il n’a plus faim, il tient bien les objets entre le pouce et les autres doigts et peut les diriger vers sa bouche sans craindre de s’éborgner...,
– les dents commencent à apparaître.
A ce moment-là, si le bébé est présent au moment du repas familial, par exemple sur les genoux de son père ou de sa mère, il va commencer par s’intéresser de plus en plus à la nourriture, suivre des yeux le trajet de la fourchette de l’assiette à la bouche du parent, réclamer sa part par des cris, et carrément mettre la main dans le plat pour se servir ! Il n’y a alors plus à tergiverser : il est sans aucun doute prêt pour les solides !

publié dans Allaiter Aujourd'hui n° 62, LLL France 2005

Les premières bouchées

Commencez progressivement à donner une alimentation solide à votre bébé.
Faites-lui découvrir les aliments un par un.
Introduisez un nouvel aliment dans son régime tous les 4 à 6 jours.
Cela vous permettra de juger s'il a une réaction allergique ou s'il est sensible à un aliment en particulier.
Les réactions à la nourriture sont généralement les suivantes : éruptions sur le visage ou les fesses,
aliments vomis ou selles liquides.

Les bébés n'ont pas besoin de sucre ou de sel qui agrémentent les repas des adultes.
Il est donc inutile d'en ajouter à leur nourriture, même si elle vous paraît fade.

Commencez toujours par lui donner les aliments solides à la cuillère.
Evitez de mettre des aliments solides dans un biberon.
Commencez par des céréales

En général, on commence par des céréales monograines, de préférence de la céréale de riz pour bébé, plus digeste.
Mélangées à du lait maternel, du lait infanile ou de l'eau, les céréales pour bébés sont une excellente source de fer,
de vitamines B et de calories dont votre bébé a besoin.
Ajoutez suffisamment de liquide aux céréales pour constituer une sorte de soupe que votre bébé pourra ingérer plus facilement.
Après la céréale de riz, vous pourrez essayer d'autres céréales monograines comme la farine d'avoine ou l'orge.

Prenez votre bébé sur les genoux ou mettez-le dans son siège-bébé et alimentez-le à la petite cuillère.
De cette façon, il pourra goûter et s'habituer à l'idée de manger les aliments plutôt que de les boire.
Au début, il ne mangera probablement que quelques cuillères à café (continuez bien entendu de lui donner son lait en
complément).
S'il s'étouffe ou rejette la nourriture en se tournant, c'est qu'il n'est peut-être pas prêt.
Réessayez quelques jours plus tard.
Ne forcez jamais un bébé à manger.


Les légumes puis les fruits

N'oubliez pas que les légumes jaunes comme les courges ou les carottes sont plus sucrés que les légumes verts.
Pensez-y et donnez d'abord à votre bébé des légumes verts, comme les haricots ou les petits pois.
S'il goûte d'abord des légumes sucrés, il y a fort à parier qu'il ne voudra jamais de légumes verts !


Au cours de la première année de votre bébé, évitez de lui donner des betteraves, navets et légumes vert foncé comme le
choux vert ou les brocolis.
Ces légumes contiennent en effet trop de nitrates pour un si jeune organisme.

Votre bébé est trop jeune pour refuser de manger par caprice (cela viendra plus tard !).
A cet âge, il mange ce qu'il veut.
Ne le forcez pas à manger davantage car il risquerait de développer à terme des troubles de l'alimentation.

Commencez par lui donner des légumes cuits que vous aurez pris soin de réduire en purée.
Presque tous les bébés adorent les fruits, qu'il s'agisse d'une banane mûre bien écrasée, de la compote de prunes
ou de pommes.
Pourtant, l'excès de jus de fruits et certains fruits sont à éviter.


C'est le cas des agrumes. Ils sont souvent trop acides pour l'estomac des bébés et provoquent des érythèmes
(ou rougeurs) fessiers.
Ils peuvent également entraîner des réactions allergiques.
Attendez que votre bébé ait deux ans avant de lui donner des agrumes.
De nombreux pédiatres recommandent également d'éviter les jus d'agrumes avant la deuxième année de votre enfant.

Certaines compotes de pommes comportent des sucres ajoutés ou des épices. Évitez-les.

Si vous offrez à votre enfant du jus de fruits, ne dépassez pas 300 ml par jour.
Même s'il est indéniable que les fruits sont bons pour la santé, les jus de fruits n'en sont pas moins composés essentiellement
de sucre et d'eau.
Ils ne sont donc pas aussi bénéfiques que le lait maternel ou le lait infantile.
En outre, votre bébé aura tout aussi soif après en avoir bu qu'avant.

Lorsque vous donnez du jus de fruits à votre bébé, utilisez une tasse plutôt que le biberon.
Il s'y habituera et vous éviterez ainsi qu'il ne devienne un inconditionnel du jus de fruits.
Les bébés qui boivent du jus de fruits au biberon ont en effet tendance à en boire trop,
au détriment du lait maternel, du lait infantile ou d'autres aliments plus nourrissants.

Et la viande dans tout ça ?

Un bébé fait généralement connaissance avec la viande à la fin de sa première année.
Afin d'être ingérée plus facilement, la viande cuite devra être impérativement hachée, moulue ou réduite en purée, mélangée à des légumes.
Si vous décidez de ne pas donner de viande à votre enfant, remplacez-la par des céréales riches en fer ou,
s'il prend du lait, donnez lui du lait 2è âge ou du lait de croissance, riches en fer.
Le jaune d'œuf et les haricots constituent également de bonnes sources de fer.
Certains enfants développent des allergies au blanc d'œuf, il faudra donc l'éviter

Les étapes suivantes

Remplacez petit à petit les aliments hachés par des aliments en morceau lorsque votre enfant approche de ses 12 mois.
Si votre bébé s'habitue à de petites bouchées de nourriture dès maintenant, il est très probable qu'il acceptera une large
variété d'aliments plus tard.
N'insistez pas s'il régurgite ou s'étouffe et réessayez dans une semaine ou deux.
Certains enfants sensibles nécessitent une bonne dose de patience avant qu'ils acceptent des aliments en morceaux.

Laissez votre bébé s'entraîner au cours des repas familiaux en lui proposant des aliments non durs présents
sur la table ou dans votre assiette.
Cela lui plaira beaucoup de pouvoir goûter aux aliments qu'il vous voit manger.
Il apprendra en même temps que les repas sont des instants conviviaux et qu'il fait partie de la famille.

Avant d'ajouter du sel, du sucre ou des épices aux aliments mous que vous préparez pour vous-même,
mettez de côté de petites portions pour votre enfant.
Par exemple, privilégiez les légumes cuits, les morceaux de banane ou les pâtes.
Il n'est pas nécessaire de hacher ou de réduire en purée ces aliments, il leur suffit simplement d'être mous ou écrasés.

Pour connaître l’intégralité de l’article :
http://www.lavoixlactee.be/forum/sutra101362.html#101362

Les infos en plus

http://www.gyneweb.fr/Sources/ped/divers-alim.htm
http://www.123boutchou.com/Alimentation_Diversification.html
http://www.e-sante.be/be/magazine_sante/sante_sante_enfants_adolescents/En_route_diversification-3998-420-art.htm
http://www.doctissimo.fr/html/sante/bebe/diversif_alimentaire.htm

un fichier pdf très bien fait:

http://www.clsc-ahuntsic.qc.ca/images/AlimentsSolides.pdf


et un petit dernier
http://www.doctissimo.fr/html/grossesse/mag_2004/mag0910/gr_7982_biberon_diversification_alimentaire.htm

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