
Faut-il
manger deux fois plus pour son bébé?

Aujourd’hui
la femme qui entame une grossesse se pose deux types de questions
bien précises auxquelles il ne lui est pas toujours répondu
de manière suffisamment claire :
-Quels besoins particuliers d’une femme qui débute
une grossesse et comment doit-elle les satisfaire en se nourrissant
?
-Comment peut-elle éviter une prise de poids excessive
au cours de la grossesse sans nuire au développement harmonieux
de son enfant et à sa propre santé ?
Pendant
la première partie d’une grossesse normale, la femme
enceinte à une tendance naturelle à stocker des
graisses et à développer sa masse musculaire de
manière à pouvoir répondre aux besoins en
énergie et en protéines de son bébé
en cas d’insuffisance d’approvisionnement extérieur.
Dans le même temps, tout aussi naturellement, le corps de
la femme enceinte devient économe et réduit ses
besoins propres au profit de ceux de l’enfant.
Globalement ces deux adaptations tendent à s’équilibrer,
et on admet qu’en moyenne une femme enceinte a besoin de
200 calories supplémentaires par jour, ce qui est très
loin de justifier la traditionnelle recommandation du «
manger pour deux ».
En dehors des besoins en calories, le fait de porter un enfant
accroît sélectivement le besoin en certains sels
minéraux, vitamines et oligoéléments, rarement
couvert en totalité.
Augmentation
des besoins en Fer :
Le fer est aujourd’hui le minéral dont la femme enceinte
est le plus fréquemment carencée. En effet en dehors
même de la grossesse 15% des adolescentes et 10% des femmes
en âge de procréer souffrent d’une carence
en fer. Cette carence est liée aux pertes sanguines occasionnées
par les règles et à observance trop stricte de consignes
de minceur.
Au cours de la grossesse, le besoin en fer s’accroît
pour constituer la masse sanguine et les globules rouges du futur
bébé. On estime ce besoin à 1g de capital
en fer par grossesse.
Pour y faire face, la femme enceinte doit intensifier sa consommation
de viande et de poisson et y associer régulièrement
du foie et autres abats qui contiennent de 10 à 20 mg de
fer pour 100 g.
Elle peut aussi trouver du fer en abondance dans les céréales
et les épinards. La mauvaise qualité de ce fer végétal,
très mal absorbé peut –être améliorée
par l’adjonction de vitamine C. Un verre de jus d’orange
au début d’un repas suffit à doubler l’assimilation
de son fer. A l’inverse, le thé et le son de blé
sont à éviter durant la grossesse car ils réduisent
son absorption.
La carence très fréquente en fer de la femme enceinte,
se manifeste par une grande fatigabilité à l’effort
qui s’accentue au cours de la journée et s’associe
à une réduction des performances intellectuelles
(mémoire, concentration)
Augmentation
des besoins en calcium :
Au cours de la grossesse ces besoins atteignent 1000 mg/jour et
même 1200 mg au cours de l’allaitement, c’est-à-dire
de 200 à 400 mg supplémentaire par jour indispensables
à l’ossification progressive du squelette et des
futures dents du bébé. En cas d’approvisionnement
insuffisant, le fœtus utilisera les réserves maternelles,
déminéralisant progressivement son squelette et
fragilisant ses dents, ses ongles et ses cheveux. De plus, une
carence en calcium est souvent responsable d’une tétanie
ou spasmophilie avec son cortège de troubles nerveux. (Hyperémotivité,
anxiété, fatigue, contractures musculaires et palpitation),
très fréquent en fin de grossesse.
Ce besoin accru en calcium est facilement comblé par les
laitages, fromage à pâte dure (emmental, cantal)
fournissant 1g/100g, mais aussi le lait, yaourt, fromage blanc,
les eaux riches en calcium comme Contrexéville, Vittel,
Hepar ainsi que les légumes verts : cresson et épinards.
Importance
de la vitamine B9 ou acide folique.
Les folates sont essentiels pour l’édification de
la trame protéique du futur bébé. Cette vitamine
est présente dans de nombreux aliments mais plus particulièrement
dans la viande, le foie, le poisson, surtout le thon, les œufs
et les céréales. La grossesse est l’une des
rares occasions ou une carence en acide folique peut survenir,
mais celle-ci peut être redoutable et conduire à
un avortement spontané ou a des malformations sérieuses
pour le bébé, il est même souvent nécessaire
de supplémenter l’alimentation par un apport externe.
Besoin
peu modifié en protéines et en glucides :
Protéine : on a longtemps pensé
que la grossesse majorait les besoins en protéines, matériaux
de construction par excellence. Il n’en est rien. Car en
Occident la consommation de protéine est déjà
bien supérieure aux normes conseillées. Un apport
excessif, trop souvent lié à des impératifs
de minceur, peut même nuire au bébé en réduisant
son poids de naissance. Les seuls cas rare mais graves ou l’apport
protéique put être insuffisant sont fournis par les
végétaliens stricts.
Glucides : les dépenses énergétiques
du foétus sont très faibles et la mère compense
facilement en réduisant les siennes. La grossesse n’élève
pratiquement pas les besoins en glucides, source d’énergie
par excellence. Leur consommation n’a donc nul besoin d’être
intensifiée et reste ce qu’elle était avant
la grossesse, soit 50% des apports alimentaires (féculents,
céréales, farineux)

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