Comment les jumeaux partagent- ils les
ressources nutritives ?
Un petit, un gros, mais ni l’un autre très
costauds : le gabarit des jumeaux à la naissance conduit
souvent au même constat. Pour expliquer cette asymétrie
et ces faibles poids, il faut d’abord être conscient
du pourcentage élevé de naissances avant terme dans
les grossesses multiples ; près de la moitié des
jumeaux naissent ainsi prématurément alors que pour
les enfants uniques, le chiffre avoisine les 5%. Cette particularité
n’explique cependant pas tout : aujourd’hui il est
montré qu’après 30 semaines, un fœtus
jumeau est en moyenne plus chétif qu’un enfant unique
d’âge égal. L’écart tient-il au
système nourricier ?
« probablement, en partie », explique vassilis Tsatsaris
qui précise néanmoins que le phénomène
de répartition nutritive n’est pas encore parfaitement
connu chez les jumeaux ; Un fait semble toutefois bien établi
: la masse placentaire dans les grossesses multiples présente
des particularités et des dissymétries réelles
; pour le comprendre, séparons les différents cas
de gémellités ; Quant les fœtus sont alimentés
par deux placentas distincts, chacun a son propre garde manger
ou il pioche ses apports nutritifs. Dans ce cas, le placenta est
individuel mais la masse placentaire totale n’est pas deux
fois plus grosse que celle d’un enfant unique, car le débit
sanguin maternel qui l’alimente ne double pas. La composition
des deux placentas se révèle donc souvent inégale
et inférieure à la moyenne. Autre disparité
: on a observé que suivant l’emplacement ou le placenta
de chacun des deux jumeaux se développe, celui-ci s’avère
plus ou moins riche. Alors que le fond de l’utérus
est propice à une bonne irrigation, la position latérale
l’est beaucoup moins. Entre les jumeaux dits biamniotiques
et bichoriaux, l’inégalité alimentaire est
donc un lot commun.
Passons au cas des fœtus qui partagent le même placenta.
Parmis ceux la, la plupart sont situés en fait dans deux
cavités amniotiques séparées qui développent
l’une et l’autre en un réseau alimentaire propre
; Bien que le placenta soit commun, les circuits d’accès
sont distincts, et là encore on observe une différence
dans la répartition des surfaces d’échanges,
conduisant à une inégalité alimentaire. Dans
15% des cas, on observe une complication, connue sous le nom du
syndrome « transfuseur, transfusé » qui se
caractérise par le détournement d’une partie
du débit sanguin d’un jumeau(jumeau transfuseur)
vers l’autre(jumeau transfusé). Le premier devient
alors maigre et anémié, alors que le second est
le plus gros.
Le second cas, plus rare (2%), est celui ou les fœtus partagent
tout : placenta et poche. Cette fois, la faible prise de poids
peut être due à un entremêlement des cordons
ombilicaux qui conduit à une moins bonne perfusion.
La mère a-t-elle un moyen de contrecarrer l’un de
ces déséquilibres inhérents à la structure
utérine des jumeaux ? » Directement non, précise
Jean-Claude Pons. En revanche, ce qui a été observé,
sans être expliqué, c’est le fait que si al
mère ne prends pas assez de poids pendant al grossesse,
elle risque davantage de donner naissance à des jumeaux
prématurés, donc de plus faible poids.