Avant
la 22e et la 24e semaine d’aménorrhée, l’embryon
n’est pas considéré comme viable. Il lui reste
encore une dernière étape à passer : la maturation
pulmonaire. Comme les poumons font partie des derniers organes
dont le fœtus a l’utilité, il est en effet cohérent
qu’ils soient les moins prêts chez les prématurés.
Ce qui peut davantage surprendre c’est qu’avant même
d’être au grand air et alors qu’il s’oxygène
par le placenta, le fœtus effectue des mouvements respiratoires.
Ces mouvements se précisent à la 27e semaine lorsque
la commande nerveuse mûrit également, avec le développement
du tronc cérébral.
En fait, le fœtus entraîne ses muscles pendant que
son arbre bronchique termine sa formation ; A la 24e semaine,
les bronches sont ainsi déjà formées mais
il manque l’essentiel : des sacs alvéolaires capables
de se remplir d’air.
Le développement pulmonaire passe en effet par 5 stades
: le stade embryonnaire, pseudo-granulaire, canaliculaire, sacculaire
et alvéolaire. L’ébauche de la trachée
est formée au 26e jour et dérive du tube digestif
primaire, par séparation de l’œsophage. Elle
se sépare en deux bronches principales qui vont se séparer
de même successivement de nombreuses fois jusqu’à
former les bronchioles.
De la 17e semaine à la 25e semaine, un réseau de
capillaires va entourer les cellules épithéliales
qui tapissent les bronchioles dites terminales. Ces cellules épithéliales
donneront les futurs sacs alvéolaires, zone d’échanges
entre les poumons et le sang. Des cellules spécialisées
vont également débuter la production du surfactant,
un liquide à importance considérable.
C’est en effet lui qui permet aux alvéoles de ne
pas s’affaisser sur elles-mêmes et donne à
leur paroi sa souplesse. Les poumons ressemblent à des
grappes de raisin dont les grains sont les alvéoles, elles
ne peuvent rester ouvertes que sous l’effet d’un produit
tensioactif, le surfactant.
La sécrétion de surfactant augmente donc progressivement,
atteignant 30ml/kg à la fin de la grossesse. Elle est inhibée
par les androgènes, ce qui expliquerait pourquoi els petits
garçons présentent plus souvent un retard de développement
pulmonaire, mais stimulée par les hormones thyroïdienne,
les dérivés de la vitamine A et les corticoïdes.
C’est la raison pour laquelle on prescrit des corticoïdes
aux mères présentant un risque d’accouchement
prématuré : c’est un parachute pour l’enfant.
On espère comme cela accélérer sa maturation
pulmonaire et lui donner le maximum de chance de bien respirer
à la naissance.
La croissance pulmonaire s’achèvera au grand air.
300 millions d’alvéoles vont en effet se former à
partir des sacs alvéolaires entre les dernières
semaines de grossesse et les 18 mois de l’enfant.