
Le
prénom c’est d’abord un individu :
de
l'enfance à l'âge adulte, le prénom va subir
plusieurs crises. Jusqu'à la parole, il n'a fait qu'entendre
son prénom et réagir à celui-ci. Qu'importe
le mot, il suffit simplement de nommer, pré-nommer en l'occurrence.
Vers 3 ans, l'enfant s'aperçoit que son prénom lui
sert aussi à se différencier des autres, il va donner
de plus en plus d'importance à ce qui le définit
socialement. Dîtes à un enfant : «tu es une
grenouille», il vous répondra «je suis pas
une grenouille, je suis Paul». Il n'existe pas encore pour
lui même mais par ce qui le nomme
Dans
les premières années de scolarisation, son prénom
va prendre un sens. Son rapport avec les autres va être
déterminant. Il apprendra ainsi à aimer ou détester
son prénom, ce qui revient au type de relation affective
que l'on entretient et entretiendra plus tard avec soi-même.
Dans certains cas, lorsque ce passage rencontre des heurts, l'enfant
peut en arriver à reprocher à ses parents le choix
de son prénom. Comme si dans ce refus on ne se reconnaissait
pas dans son prénom.. A tous les âges, ce phénomène
se rencontre, où le prénom usité n'est pas
celui de l'état civil..
Après
la phase de latence, au début de l'adolescence, le prénom
devient outil de choix sexuel. On érotise le prénom
du sexe opposé, le «j'aime bien ce prénom»
n'est qu'en fait une façon dérivée d'exprimer
sa préférence sexuelle pour la personne à
qui l'on s'adresse
Plus
tard, appeler quelqu'un par son prénom revient à
signifier le degré de «familiarité»
que l'on entretient avec lui (en France). Une forme de reconnaissance
par affinités au même titre que le vouvoiement et
le tutoiement. Une hiérarchie de la relation dans la façon
de nommer quelqu'un s'installe alors...
N'oublions
pas qu'un prénom est donné pour la vie, qu'il faudra
autant le porter que tout le reste, le choix n'est pas sans conséquences

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