Les
ours en peluche, et plus généralement les
peluches et les doudous, occupent très rapidement
une place à part dans le berceau et dans le coeur
des tout-petits. Ils sont présents dès la
naissance, et emmenés à chaque sortie. Ceci
s'explique par le rôle affectif et sécurisant
qu'ils exercent.
UN
OBJET TRANSITIONNEL
En effet, l'attachement de l'enfant à autrui est
un élément fondamental de son développement.
Il permet la création de liens affectifs. L'attachement
à la peluche se symbolise de 2 manières
:Par le toucher : avant 6 mois, l'enfant ne comprend pas
qu'à toute absence succède un retour. Ils'inquiète
et pleure à chaque départ de sa mère.
Afin d'apaiser ses chagrins, il est important de disposer
d'un objet qui la rappelle, qui la représente et
qui peut jouer son rôle. La douceur du doudou fait
bien de celui-ci l'objet de remplacement idéal.
Selon D.W. Winnicott, la peluche est un "objet transitionnel"
; elle opère une transition entre l'absence et
le retour de la mère. La peluche rappelle à
l'enfant sa mère, et se substitue à elle
pour le rassurer pendant l'absence. Il prend peu à
peu conscience du caractère éphémère
de l'absence. Son doudou lui permet de conquérir
plus facilement l'autonomie.
Par l'odorat : dès le 4e jour de la vie, l'enfant
et la mère se reconnaissent mutuellement. Cette
reconnaissance a un caractère apaisant et rassurant
pour l'enfant qui, dès lors, éprouvera toujours
plus d'émotions pour les objets ayant une odeur
"à soi" (mélange d'odeurs familières).
Le doudou, qu'il suce et traîne partout, est imprégné
de cette odeur. Il n'en est que plus important dans la
vie du jeune enfant. Il devient alors dangereux de le
laver ; il risquerait en effet de perdre sa valeur affective
et ses vertus.
UN
ANGE GARDIEN
Outre cette mission protectrice de substitution à
la mère, la peluche remplit également des
fonctions d'ange gardien, de consolateur auprès
des enfants de 2 à 4 ans. Elle est leur compagnon
privilégié, qu'ils emmènent partout.
Sa perte ou sa privation entraîne des chagrins bien
plus douloureux que ceux qu'elle ne console habituellement.
En effet, l'ours est le support de tous les jeux. Les
enfants projettent leur personnalité sur lui ;
ils évacuent leurs chagrins, leurs ennuis en les
lui racontant.
L'ours supporte tout ce que lui fait endurer l'enfant,
sans broncher : coups, baisers, caresses, morsures...
de même que les traitements médicaux. Lorsque
l'enfant doit se rendre chez le dentiste par exemple,
il ne manque pas de faire subir à son doudou la
séance d'arrachage de dents, ou le bandage. L'enfant
agit avec lui comme s'il s'agissait de son propre enfant.
Ce comportement est éducatif ; en effet, en faisant
participer son ours à ses activités, l'enfant,
d'éduqué, devient éducateur.
LE
DÉVELOPPEMENT SENSORI-MOTEUR
Cette peluche, objet transitionnel et ange gardien, intervient
également sur le développement sensorimoteur
de l'enfant. En effet, celui-ci élabore, dès
les premiers mois de son existence, les structures de
base de ses facultés futures grâce aux stimulations
de son environnement.
Avant 3 mois, la présentation d'un doudou incite
l'enfant à lever la tête, ce qui renforce
les muscles de son cou.
A partir de 4 mois et demi, il est important de lui faire
attraper le jouet, stimulant ainsi sa vision et sa préhension.
Selon Piaget, la peluche, par la suite, éveille
chaque sens de l'enfant.
Ce dernier la suce, la caresse... La texture est tantôt
douce, tantôt rugueuse, parfois dure, souvent molle...
Les gestes et mimiques de l'enfant lui permettent alors
de découvrir cette notion essentielle qu'est le
toucher.
L'odorat est également découvert au contact
de la peluche, puisque, comme nous l'avons vu précédemment,
très rapidement, l'enfant s'attache à l'odeur
de son compagnon.
De plus, les doudous sont souvent de couleurs et de formes
vives. Ils attirent l'attention, et développent
la vue.
Certaines peluches, telles le "Carillon Canard"
présenté plus loin, sont équipées
de boîtes musicales.
L'enfant la déclenche en tirant sur une ficelle.
Cette nouvelle fonction permet un développement
précoce de l'ouïe.
LE
DANGER DES PELUCHES INTERACTIVES
Ces jouets doux et silencieux contribuent donc largement
au développement de l'enfant. Pourtant, aujourd'hui,
face à l'arrivée sur le marché des
peluches interactives, les psychanalystes s'inquiètent.
Myriam Szejer, présidente de l'association La cause
des Bébés, considère ces jouets comme
des machines préprogrammées, avec des exigences.
Ce n'est plus l'enfant qui décide de faire telle
ou telle chose ; il répond à la demande
du jouet. L'objet est tout-puissant, et non plus l'enfant.
Avec ces jouets, les enfants ne jouent plus au papa et
à la maman ; ils sont le papa et la maman. Myriam
Szejer s'insurge contre le caractère dangereux
des peluches interactives. Elle craint une "dépendance
expérimentale", un "comportement toxicomaniaque"
de la part de l'enfant. Afin d'éviter ce danger,
elle conseille aux parents d'enlever les piles du jouet,
avant que la dépendance ne s'opère. Quel
que soit le type de peluche que vous avez choisi d'offrir
à votre enfant, voici quelques conseils qui vous
permettront de faire le bon choix. Ils sont en grande
partie extraits de l'ouvrage de la pédiatre Edwige
Antier, Mon Bébé Joue Bien.
QUELQUES
CONSEILS POUR UN ACHAT RÉUSSI ENTRE ÉVEIL
ET HYGIÈNE
Considérant la peluche comme le compagnon privilégié
de l'enfant, il est important de veiller à faire
le bon choix au moment de l'achat.
Ainsi, jusqu'à 5 mois, il est préférable
de choisir un personnage à grosse tête. Bébé,
qui a lui aussi une grosse tête, peut alors s'y
identifier. Par ailleurs, la bouche souriante, les grands
yeux et le regard sympathique de son doudou lui permettront
de capter ces expressions. Privilégiez donc un
visage agréable à un visage triste ou neutre.
De 5 à 9 mois, la peluche devient le compagnon
privilégié de l'enfant. Le rapport entre
eux est plus soutenu. C'est un "jouet tendresse".
Pendant cette période, il devient alors nécessaire
que bébé choisisse seul son doudou. Ne lui
imposez pas votre choix ; laissez le faire le sien propre,
même sivous auriez souhaité le voir en faire
un autre, meilleur à vos yeux. L'enfant souhaitera
promener son compagnon partout avec lui : dans la maison,
à l'école, dans son lit... Afin qu'il ne
le gêne pas, il est conseillé de choisir
une peluche de taille correcte. 20 à 50 cm semblent
raisonnables. Au delà, non seulement l'enfant voit
son champ d'actions restreint, mais de plus, il éprouvera
davantage de difficultés à le saisir et
à l'étreindre. Une peluche gigantesque enlève
alors à l'enfant l'échelle de sa propre
dimension.
Dans le berceau, ne les multipliez pas. Bien que l'enfant
soit adepte des peluches et en demande régulièrement,
une ou deux suffisent. En effet, les peluches attirent
les poussières et les acariens, ce qui suscitent
le développement d'allergies, d'eczéma,
d'asthme. Toutefois, si vous souhaitez tout de même
lui en offrir davantage, rangez les dans un sac plastique,
et sortez-les de façon ponctuelle, le temps du
jeu. Enfin, ne laver pas trop fréquemment le doudou.
En effet, bien que les fabricants conçoivent, par
mesures d'hygiène, des peluches lavables en machine,
les pédiatres n'hésitent pas à nous
dissuader de les laver trop souvent. Le bébé
fonde une partie de ses valeurs affectives sur les odeurs
familières ; son doudou, sans odeur, risquerait
de perdre de ses vertus
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