
Workaholique:
lorsque le travail devient une dépendance
Par Marie-Christine Tremblay
Heures supplémentaires, repas
écourtés, manque de sommeil, travail
apporté à la maison, ça vout
rappelle quelqu'un? Avez-vous le comportement d'une
workaholique? Lisez ce qui suit. Peut-être profiterez-vous
mieux de la vie, avant qu'il ne soit trop tard.
La plupart des dépendances
nous renvoient une image négative. Que ce soit
à l'alcool, au jeu, à la nourriture
ou au sexe, elles font l'objet d'incessantes recherches
afin d'en trouver les causes et les traitements. La
dépendance au travail fait exception à
la règle. Encore aujourd'hui, les grandes travailleuses
sont perçues comme étant responsables,
matures et vertueuses. On croit volontiers qu'elles
récoltent les promotions, gagnent beaucoup
d'argent, sont respectées par leurs collègues
de travail et par leurs supérieurs. La réalité
semble pourtant tout autre. Le «workaholisme»,
décrit vers la fin des années ‘60
comme une relation pathologique d'un sujet à
son travail, qui se caractérise par une compulsion
à lui consacrer de plus en plus de temps et
d'énergie, au détriment des autres aspects
de sa vie, et qui persiste même si les conséquences
sur la santé, la vie familiale et les relations
sociales sont négatives, répond ainsi
aux caractéristiques d'un trouble de dépendance.
Une dépendance «propre», qui paraît
bien et qui suscite souvent l'admiration, mais qui
peut avoir des conséquences graves.
hauts standards de performance et n'accepte pas facilement
la faiblesse. Elle lui est difficile de travailler
en équipe, son agressivité et son peu
de confiance dans les autres le portant à vouloir
tout faire seul. Et lorsqu'un travail est terminé,
elle se sent déprimée ou anxieuse.
Conséquences
sur la santé
La workaholique vit un état de stress chronique
qui peut mener à des problèmes sérieux
de santé physique et mentale. Maux de tête
et migraines, tension artérielle élevée
(risque accru de maladies cardiovasculaires), douleurs
musculaires, indigestion, constipation ou diarrhée,
ulcères, fatigue chronique et insomnie sont
souvent associés à la dépendance
au travail. De plus, le stress affecte le système
immunitaire, ce qui rend la workaholique plus susceptible
de contracter d'autres maladies. Psychologiquement,
les choses ne sont pas plus roses : l'anxiété,
l'irritabilité, la tristesse, la colère,
l'hypersensibilité, l'apathie, le désespoir,
l'insécurité et la dépression
sont souvent le lot des workaholiques, de même
que certains troubles du comportement : augmentation
ou perte d'appétit, agressivité, augmentation
de la consommation d'alcool ou de drogues, tabagisme
et isolement.
Conséquences
sur la famille
Les workaholiques ne sont pas les seules à
souffrir de leur condition. Leur famille en est la
plupart du temps affectée. Les conjoints se
sentent ignorés, ont une image négative
de leur union et ne se sentent pas en contrôle
de leur vie de couple. Certaines études démontrent
que les disputes sont plus fréquentes dans
un couple où l'un des deux conjoints est workaholique
et que le taux de divorce est plus élevé.
Le climat malsain créé par une workaholique
autour d'elle a souvent des répercussions chez
les enfants, qui manifestent parfois un besoin élevé
de contrôle et un perfectionnisme exagéré,
ce qui peut les entraîner à adopter des
comportements compulsifs et à devenir eux-mêmes
workaholiques.
Conséquences
au travail
À première vue, il peut sembler profitable
pour une organisation d'engager une workaholique.
Attention cependant! La workaholique crée une
atmosphère de stress dans une équipe,
ce qui peut miner le moral de ses collègues
et les conduire même à l'épuisement
professionnel. Le travail d'équipe avec une
workaholique est difficile, parce qu'elle a tendance
a vouloir tout contrôler et à prendre
tous les crédits pour elle. Elle n'est pas
non plus le plus efficace des employés. Sa
manie de faire des listes, de tout vérifier
et revérifier, son incapacité à
déléguer ou à partager les tâches
le poussent à faire un tas de choses inutiles
et à en prendre trop. Lorsque la fatigue s'installe,
la productivité de la workaholique en souffre,
et elle est plus susceptible de commettre des erreurs
de jugement.
Quelques
trucs pour renverser la vapeur
Huit heures de sommeil obligatoires
Faites-vous une obligation de dormir huit heures.
Ne pensez pas : je me rattraperai demain ou je ferai
une sieste plus tard. Le manque de sommeil ne se rattrape
pas et il n'existe pas de substitut.
Jours
de congé : pour la famille et les amis seulement
Si vous avez toujours de bonnes excuses pour travailler
sans relâche du lundi au vendredi, vous pouvez
certainement trouver des excuses pour passer les fins
de semaines en famille.
Nourrissez-vous
convenablement
Les workaholiques sont réputées pour
sauter des repas. Si vous ne pouvez quitter votre
travail pour vous sustenter, commandez un repas à
l'extérieur ou prévoyez une collation.
Confinez
le travail... aux lieux de travail
Résistez à la tentation d'apporter du
travail à la maison. Et tenez-vous-en aux heures
régulières de travail. Petit à
petit, vous reprendrez le contrôle de vos heures
de liberté.
Faites
bouger vos muscles
Si
vous travaillez sans arrêt, votre corps ne peut
répondre aux efforts que vous lui demandez.
Accordez-vous une heure par jour pour faire de l'exercice.
Marchez, courez, nagez, peu importe : bougez.
Planifiez
votre journée
Plutôt que d'essayer de tout faire en même
temps, établissez une liste des priorités
et concentrez-vous sur une tâche à la
fois jusqu'à ce qu'elle soit terminée.
Cette habitude vous permettra de mieux gérer
votre temps. Mieux vous serez organisé, plus
vous serez efficace.
Madame.ca