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ma belle maman chérie

Ma belle Maman chérie

Adriana Bouchat, Psychologue spécialiste en psychothérapie FSP Chef du service de consultation conjugale et de sexologie de la Fondation Profa 5 décembre 2005

Notion de belle- famille :

La belle-famille est acquise par alliance. Nous ne parlerons pas de la famille recomposée mais de la famille d’origine du conjoint ou du compagnon. Nous avons déjà une famille, dans laquelle nous sommes nés. En nous mettant en couple nous en acquérons une deuxième. Cela ne me semble pas si évident. Tout au début de l’histoire, il y a la constitution du couple. Si la relation dure, vient le jour fatidique de la rencontre avec la belle-famille et cela se passera plus ou moins bien.

Dans l’imagerie populaire, les belles-mères sont des mal-aimées. Idée répandue d’un amour spécial mère-fils (Sigmund Freud). Après avoir enfanté de son fils dans la douleur (adage biblique), la mère se séparera de lui dans la douleur pour le confier à une autre femme. Ces clichés sont alimentés par des femmes : l’écrivain Christiane Collange se définit par exemple comme une belle-mère « absolue » (elle parle de la rivalité belle-mère/bru et donne des conseils pour faire le deuil de la relation parfaite mère-fils). Des auteurs scientifiques évoquent la bonne distance bru/beaux-parents, qui passe par l’appellation (cela ne va pas de soi). Une sociologue (Clotilde Lemarchant, in «Belles-filles, avec les beaux-parents, trouver la bonne distance», PUF, 1999) a interrogé 90 femmes à ce sujet : certaines utilisent le prénom des beaux-parents, d’autres le terme favori des enfants («papy, mamie, pépé, mémé») ou alors un formel «Monsieur/Madame». Parfois la gêne est telle que la bru/gendre évite de s’adresser directement aux beaux-parents («je ne peux pas l’appeler maman/papa»).

La famille d’alliance est une famille rajoutée (la «pièce rapportée»), mais l’arrivée des enfants et leur médiation permet de créer une certaine familiarité, en donnant une dimension affective au lien bru/gendre et beaux-parents. La difficulté à nommer les beaux-parents vient aussi du trouble sémantique du mot français belle-famille (famille d’origine du conjoint ou famille recomposée) qui n’existe pas dans d’autres langues. On retrouve cependant dans plusieurs langues le sens de courtoisie, de respect attaché au mot «belle» famille. Les mots utilisés révèlent la vision que nous avons du monde. La mise en couple inclut chaque conjoint dans les liens familiaux de l’autre et cela se passera plus ou moins bien, avec des échanges (objets ou remarques) qui peuvent créer des contraintes (cadeaux empoisonnés), amplifiées par les comptes qui peuvent n’avoir pas été réglés avec ses propres parents.

Typologie des belles- mères (on se focalise sur la femme) : belle-mère copine (tutoiement spontané), belle-mère idéale (la mère dont on a rêvé), belle-mère traditionnelle (une certaine distance), belle-mère possessive/envahissante (se mêle de tout), belle-mère rejetante (sens du clan familial très développé, infantilisante), belle-mère distante…

Quelques principes sont nécessaires:

bon réglage de la distance, ne pas mettre son conjoint en porte-à-faux, faire preuve de tolérance et négocier un modus vivendi avec la famille du conjoint, penser au bien des enfants, qui s’adaptent très bien… Parfois, les deux partenaire du couple se sont mutuellement choisis pour se soutenir dans leur travail respectif de différenciation d’avec leurs familles respectives, pour s’en séparer, chacun délèguant à l’autre la tâche de régler le contentieux qu’il n’arrive pas à régler avec sa propre famille.

A quoi servent les beaux- parents ? Nos beaux-parents sont les grands-parents de nos enfants et leur valeur à ce titre est importante dans un monde en pleine mutation : rôle capital dans la constitution d’un individu, différent de celui des parents. Les parents éduquent l’enfant, les grands-parents l’aiment et l’aident à se situer dans la suite des générations. Grâce à eux, l’enfant apprend que « papa et maman ont aussi été des enfants » et ont peut-être aussi fait des bêtises. Les grands-parents lui donnent des racines, renforcent son sentiment d’appartenance, l’inscrivent dans une filiation et lui transmettent la notion du temps qui passe. Ils lient l’enfant au passé en ouvrant la perspective de l’avenir (savoir d’où on vient permet de comprendre qui on est et de savoir mieux où on va). Les grands-parents initient l’enfant à l’histoire familiale et à l’histoire tout court ( la Grande Histoire ) et lui transmettent la notion de finitude (nous sommes mortels).

10 conseils pour être la belle fille parfaite !

1- Apprenez à mieux la connaître Interrogez-vous sur la relation qui existe entre votre époux et sa mère. Discutez avec lui à bâtons rompus de son enfance et de leur vie de famille. Les épreuves qu'elle a dû affronter, le courage dont elle a pu faire preuve pour cumuler travail et enfants, ses passe-temps, ses méthodes éducatives. Ses informations vous aideront à mieux la connaître et l'accepter… et vous éviterons en outre certaines gaffes !

2- Comportez-vous en adulte Votre mari est sans doute ravi de glisser les pieds sous la table " chez papa-maman ", et de retrouver le giron maternel… mais n'en faites pas une habitude : vous êtes grands ! Inversez les rôles : recevez vos beaux-parents, prenez soin d'eux, bichonnez-les. Vous devez instaurer une relation autre que cette dépendance des enfants face aux parents.

3- pensez à son anniversaire Comme la plupart des hommes, votre époux a sans doute souvent tendance à oublier les dates anniversaires. C'est donc à vous de prendre le relais ! Notez soigneusement les dates importantes (anniversaire de mariage, fête des mères…), écrivez ou faites téléphoner son fils : votre belle-mère en sera très heureuse…

4- Multipliez les invitations surprises les rencontres systématiques comme le sempiternel déjeuner dominical sont bonnes mais parfois décevantes, parce qu'au moindre contretemps de votre côté c'est le drame assuré, avec son cortège de questions, de vexations, de rancœurs. Tout simplement parce que, pour une fois, vous aurez préféré profiter de ce beau week-end de printemps pour vous promener en amoureux ou faire une balade en vélo avec les enfants ! Et, si vos beaux-parents sont assez " ouvert ", organisez de temps à autre une petite soirée, un pique-nique, la visite d'un château ou d'un musée, une séance de cinéma pour varier les plaisirs.

5-Cultivez votre complicité respectez-la : votre belle-mère n'est pas seulement la mère de votre époux et la grand-mère de vos enfants, elle est aussi une femme à part entière, tout comme vous ! Traitez- la comme telle. Intéressez-vous à ses centres d'intérêt, à ses envies… questionnez-la sur son état de santé, mais aussi sur sa vie passée, sur ses projets. Utilisez ses compétences, demandez-lui parfois son avis ou un conseil…Rien de tel pour renforcer votre complicité !

6- Faites-lui confiance Surtout si vous lui confiez vos enfants. Certes, ses méthodes éducatives ne sont vraisemblablement pas les vôtres, mais n'oubliez pas qu'elle a élevé des enfants bien avant vous… et sans doute assez correctement puisque vous êtes tombée amoureuse de son fils ! Ne l'accablez donc pas de conseils et de recommandations, ne mettez pas en doute ses qualités de grand-mère. Son rôle est essentiel pour vos enfants.

7- Ne vous mettez pas en concurrence vous ne jouez pas sur le même tableau, ne cherchez pas le combat ! Ainsi, inutile de vous lancer dans la confection du goulasch ou de la tarte aux pommes, si elle en est la " reine ". Soit vous la surpassez… et elle ne vous le pardonnera pas, soit vous êtes moins bonne cuisinière… et sa victoire et son demi-sourire, vous agaceront prodigieusement. Elle est très cuisine traditionnelle ? Etonnez tout le monde en mitonnant un dîner chinois ou italien… votre succès ne ternira pas sa réputation. Même chose pour la couture, les mots croisés, la peinture sur soie…

8- Ne lui confiez pas tous vos problèmes Votre belle-mère peut être une femme intelligente et avisée, dont vous vous sentez souvent proche. Mais ne lui dites pas tout! Ne vous laissez pas aller, même en tête à tête : ne la mêlez surtout pas à vos problèmes de couple et ne critiquez pas son fils. Elle réagirait comme une mère-louve blessée : vous avez tout y perdre.

9- Soyez réservée avec votre beau-père C'est certainement un homme charmant… d'ailleurs, très souvent, le duo beau-père/bru éprouvée une grande complicité, du type de celle entre un père et sa fille. Prudence, car si vous n'y voyez aucune ambiguïté, elle peut réagir différemment, et vous en vouloir parfois.

10- préservez votre univers Ne lui donnez pas vos clefs, surtout si vous la trouvez un peu envahissante : vous le regrettiez amèrement ! Certes, c'est bien agréable de trouver un bœuf en daube dans votre cuisine( j'ai pensé que cela vous ferait plaisir) et le repassage fait (je n'ai rien à faire, j'ai voulu t'avancer), mais vous prenez le risque que rapidement , elle se sente chez vous comme chez elle, aménageant votre intérieur ou vous donnant sans cesse des conseils . Elle ne doit pas entrer dans votre univers " comme dans un moulin ", mais y être invitée

 

 

 

 

 

 

 

 

     

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