Une
soirée nappée de honte
mercredi
26 octobre 2005, 3h à mon journal
Ce
soir je me suis particulièrement bien habillée,
j’ai mis ma superbe robe noire, légèrement
évasée style bonaparte. Mon patron m’a
invité au restaurant, rien de bien transcendant
car c’est un repas d’affaire ne vous y
trompé pas. Mais bon c’est peut être
l’opportunité d’y faire des rencontre
puisqu’à notre table il y a aura des
mania du pétroles. Comme me disait ma grand-mère
« il faut toujours être prête on
en sais jamais si l’on va rencontrer la perle
rare ou pas ». Donc moi je me prépare.
Je me trouve d’ailleurs superbe, tout est parfait
: mon maquillage ne déborde pas, mes collant
ne sont pas filés, ma robe n’est ni trop
courte ni trop longue et monsieur Wonderbra joue parfaitement
son rôle, il y a du monde au balcon. D’ailleurs
en y réfléchissant cette année
il faudrait que j’envisage la pose de prothèses
mammaires.
Enfin bref je saute dans mon taxi et je file à
ce fabuleux restaurant chinois très tendance.
J’arrive et je fais mon entré et pas
des moindre puisque tout le monde est déjà
à table. Ma grand-mère (oui toujours
elle) me disait souvent : « il ne faut pas arriver
à l’heure mais pas trop en retard non
plus » et dans ce domaine je l’avoue je
suis devenue plutôt fortiche.
Je rentre donc et tous les regards se posent sur moi,
peut être pas tous en fait, mais déjà
celui de mon patron et c’est déjà
pas mal. Je m’installe et la soirée se
passe. J’essaye de participer plus ou moins
bien aux conversations mais c’est vrai que ce
n’est pas ma spécialité, l’essence,
le pétrole, les cours de la bourse c’est
moué bof.. Je meuble les blancs (qui sont nombreux)
en faisant des blagues sur les blondes. Après
tout je suis blonde et qui peux mieux que moi raconter
les blagues sur les autres blondes.
Arrive le moment ou mon patron me demande de noter
un numéro de tel ! oki je note mais seulement
voilà : mon sublime sac à main rouge
n’allais pas du tout avec ma magistrale robe
noire. J’ai donc du faire un choix et il est
donc resté dans ma stupide armoire.
Ce n’ai pas grave car « en toute circonstances
il faut savoir rebondir » dixit ma super mamie.
Je dégaine mon plus beau sourire et je demande
de ma voix suave à mon voisin de droite s’il
a un stylo. Il me regarde et me fais un clin d’œil
en fouillant dans sa poche intérieure gauche.
Ce détail n’a peut être pas d’importance
mais cela rajoute du contenu à mon histoire.
Donc il me tend son stylo avec petite dorure, vous
savez ces jolis stylos qui sont si beaux que l’on
n’osera pas les utiliser et qui finissent généralement
par avoir l’encre toute séchée.
Je lui dis merci et je demande à mon patron
de me redonner le numéro de tel. Je me concentre
et avec beaucoup d’assurance je note sur la
nappe de la table. Je demande le nom de la personne
que je rajoute d’ailleurs. Et là : honte
à moi, vous ne me croirez sans doute pas mais
en fait la nappe, n’était pas en papier
mais en véritable soie. Je relève la
tête et je vois la barda d’hommes d’affaire
silencieux et inquisiteur : serait-elle devenue folle
?
Oué folle je ne sais pas mais par contre je
me suis sentie stupide.
Arff j’ai caché le numéro de tel
toute la soirée sous mon assiette, les joues
rouges de honte. Mon patron a passé sa soirée
à plaisanter sur ma blondeur et moi dèsdemain
je retournerais à mon agence d’intérim