Faut
pas pousser mamy dans les orties, non vraiment pas!
Mardi
31 janvier 2006
Cher
journal,
Ce matin j’ai un rendez-vous avec une femme,
pour remplacer une assistante qui doit partir à
la retraite, dans une grosse boîte de confection
de collants.
Je présente bien et mon CV est parfait j’ai
le profil idéal de l’assistante commerciale.
Dés mon arrivée, je ressents une certaine
gêne. La nénette en face de moi me scrute
des pieds à la tête. Elle me lorgne comme
si j’étais descendu de la planète
mars. C’est une blonde, de taille moyenne, un
peu enrobée cachée derrière des
lunettes qui lui donnent des airs très hautains.
D’ailleurs plus haut que cela tu meurt j’ai
l’impression d’être en bas de la
tour Eiffel. Elle a même mis des talons hauts,
histoire d’en imposer un peu plus. Cachée
dans son pantalon tailleur noir (ça mincie)
elle commence déjà à me poser
tout un tas de question sur mes dernière missions.
Je
ne me vois absolument bosser en sa compagnie, mais
bon il faut bien gagner son pain comme on dit, alors
je ne me démonte pas. Je réponds à
toutes ses questions parfaitement. Plus l’entretien
avance plus je sens qu’elle monte dans les tours.
Elle devient vindicative et très agressive
essayant par tout les moyen de me coincer sur mon
propre terrain. Elle a les jambes croisées
qu’elle agite nerveusement tout en faisant des
cliques avec son stylo. Je me sents comme un insecte
devant une pauvre araignée qui a, visiblement
très faim et de grandes « dents ».
Elle me fait penser à la veuve noire. Il faut
savoir que : La veuve noire d’Australie est
dure en affaire... Lorsqu’un mâle lui
fait la cour, non seulement elle s’assure qu’il
soit à son goût mais en plus, elle n’est
pas toujours disposée à lui laisser
le bénéfice de sa paternité qu’elle
dévore la plupart du temps. La femelle est
considérée comme dangereuse, contrairement
au mâle, car sa morsure peut être mortelle
pour l’homme. En amour: son baiser est mortel.
Dans le monde du travail, c’est la même
chose, souvent les femmes entre elles sont odieuses,
elles vous font les pires vacheries pour la simple
raison que vous puissiez être plus jolie qu’elles
et que vous puissiez simplement leurs faire un peu
d’ombre, pour un peu que vous soyez plus compétente,
là c’est la fin des haricots cela devient
l’enfer. Leur seule arme dans ses cas là
c’est souvent de vous humilier. Cela leurs procurent
un sentiment de puissance à la limite de la
jouissance, je pense. Oh ben dis donc ça rime,
me voilà poète cher journal !
Donc, je disais, la veuve en noire (appelons la comme
cela) me pose tout un tas de questions, j’ai
l’impression d’avoir pénétré
dans les locaux de la CIA, c’est à la
limite de l’interrogatoire :
_«
Pensez vous vous intégrer rapidement au milieu
d’une entreprise qui emploi des femmes, pensez
vous pouvoir gérer les petites tensions qui
peuvent régner entre elles ? Saurez vous prendre
sur vous lorsque ce sera nécessaire ?»
elle sourit en coin en agitant maintenant son stylo
à la façon d’un bâton de
majorette.
Nous
y voilà !! On doit traduire : elles= je= moi
: Je ne t’aime pas, tu es trop jolie et si tu
prend le poste je vais t’en faire voir des vertes
et des pas mûres.
_
« euh ? Sans indiscrétions, il y a combien
de femme dans cette boîte ? »
_
« cela ne répond pas à ma question
! »
Traduisez (pas beaucoup)
_«
faut pas vous inquiéter pour moi, j’ai
du caractère ! » dis-je en me laissant
tombé mon dos contre le dossier de la chaise
lascivement.
_« Je ne m’inquiète pas pour vous,
comment ferez vous si quelqu’un sous un motif
quelconque vous aboie dessus ? » elle me regarde
par-dessus ses lunettes, à la manière
d’une institutrice de 1940. Cela lui donne l’air
d’une grosse mouche.
_« En général, je m’entend
assez bien avec tout le monde, pourvu que chacun fasse
son travail. Après chacun voit midi à
sa porte (dixit ma grand-mère) »
_«
Ah oui ? Mais en cas de crise profonde que faite vous
? »
Je sents l’agacement dans sa voix.
_ « je suis comme tout le monde, je n’aime
pas que l’on me crie dessus, aussi en général
je n’y vais pas par 4 chemins, j’expose
mon point de vue et je coupe court à la discussion
»
_«
Mais si la personne vous agresse verbalement ? »
Avec des si on referait le monde c’est certain.
_« Si j’ai raison, je campe sur mes positions
»
_ « si c’est votre patron ? »
La veuve se dévoile enfin, et se mets à
découvert. Elle sort ses mandibules crochues
et espère m'agripper dans sa toile afin de
me liposucer jusqu'à la mœlle osseuse.
Soit dit en passant, elle aurait bien besoin d'ailleurs
d'avoir recours à la lipo sur ses cuisses.
Je connais une bonne adresse, je devrai peut être
la lui laisser en partant ..
Cela
commence à sentir le roussie. Je n’aime
pas les manipulateurs. Ceux qui essayent de vous faire
dire des choses que vous n’avez pas envie de
dire où qui se permette de déformer
vos propos par des mensonges éhontés.
Ceux là sont souvent jaloux, envieux et prêt
à tout pour arriver à leurs fins. D’ailleurs
souvent ils sont tout miel alors qu’il vous
déteste profondément.
Je
crois sincèrement que comme dans une relation
de couple durable, on doit avoir confiance en les
gens que l’on fréquente chaque jour à
son bureau. Cela doit être une relation franche
et respectueuse ou chacun au droit de donner son opinion,
pourvu que cela soit exprimé clairement et
sans animosité. Les divergences d’opinion
font avancer les choses, elles ouvrent l’esprit
à ce qu’il y a ailleurs. Que l’on
soit d’accord ou non avec la personne. Je n’aime
pas ce genre de personne. Elle se croit souvent au
dessus des autres sous le couvert de l’éducation.
L’éducation que l’on nous donne,
après tout chacun choisi d’en faire ce
qu’il en veut, c’est bien cela le libre
arbitre ? C’est souvent par lâcheté
que ce genre de personne choisi de se taire par devant
pour mieux vous descendre par derrière. Ah
! Elles ont bon dos la politesse et les bonnes manières.
Mais qui en fait dans cet entretien est le plus polie
enfin de compte ? Parce que là visiblement
j’ai été accueilli sur un échafaud
!
Enfin
voilà, la moutarde commence à me monter
au nez. Faudrait pas non plus qu’elle pousse
mamy dans les orties…
_ « pensez vous être apte pour ce poste
? »
_ « plus que qualifié je pense, mais
je ne pense pas être apte pour ce poste »
_« Mais je ne comprends pas….. »
Elle a l’air surprise.
_ « vous m’avez demandé ce que
je ferai en cas de conflit avec mon patron, en l’occurrence
vous ? C’est bien cela ? Et bien regardez. »
J’ai
pris mes affaires et me suis dirigé vers la
porte :
-« regardez moi bien, voilà pourquoi
je ne pourrais pas être apte pour travailler
ici »
Je l’ai toisé de bas en haut et je suis
sortie en fermant délicatement la porte derrière
moi.
Tout
travail, tout salaire soit il, ne mérite absolument
pas que l’on se fasse humilier durant un entretien…
si on veut être respecter il faut d’abord
commencer par respecter les autres, chose que cette
veuve noire n’avait visiblement pas compris
! Mais quel QI peut bien avoir une araignée
?
Je me console, hein ? !! Cher journal, du haut de
mes 54 kilos, moi j’ai pu apprécié
en sortant de mon entretien un bon gros beignet au
chocolat… quant à l’adresse pour
sa lipo, elle n’aura qu’a la rechercher
dans son annuaire à la lettre L.