Amoureusement@votre
jeudi
9 mars 2006
Mon cher journal,
je me suis inscrite à un de ses fameux site
de rencontre du net : Amoureusement-votre.com.
Contre la modique
somme de 10 euros par mois, je peux dialoguer avec
la faune masculine et si je le veux rencontrer des
hommes pour de vrai.
Hier j’ai dialogué
par MP (message privé) avec un « Maxibiscoto
» (c’était son pseudo, c’est
à dire un faux nom, car on n’utilise
pas sur ce genre de site son vrai prénom).
Il m’a fait un ASV (non, non, ce n’est
pas un truc porno, cela veut dire : age, sexe ville).
Ce n’est pas très original comme entrée
en matière m’enfin cela a le mérite
d’être rapide et assez clair.
Il s’est décrit
plutôt beau gosse, grand et avec des muscles
et un regard de braise. Il m’a dit qu’il
n’était pas marié, qu’il
travaillait dans le bâtiment.
Enfin, voilà,
on a papoté et puis j’ai accepté
son offre de le rencontrer et de boire un verre avec
lui, le lendemain après le boulot aux environs
de 17h.
Nous convenons donc
que pour que l’on puisse se reconnaître,
je porterai une fleur blanche dans la petite poche
de mon blazer et que lui il aura un pull bleu marine,
encolure en V. Nous échangeons nos numéros
de tel, au cas ou l’un d’entre nous déciderait
de se désister ou aurait un empêchement.
Je sais ce n’est pas raisonnable de donner comme
cela son numéro de tel à n’importe
qui, mais bon je lui ai attribué une sonnerie
spéciale, comme cela au pire, je le reconnaîtrai
et je pourrais mettre mon tel sur boîte vocal.
Deux ou trois fois à ce régime là
et même les plus persévérants
finissent par abandonner. Le système à
ses lacunes, certe, il ne faut pas que la personne
vous tel d’un autre numéro mais bon.
Ce n’est pas le sujet du jour.
Donc après
mon boulot, je me suis rafraîchi dans les toilettes
de ma boîte, il a plu toute la journée,
c’est très mauvais pour le maquillage
te les cheveux (petits frizoti) J’ai épinglé
une rose blanche à ma veste de tailleur, acheté
le matin chez mon fleuriste du coin.
Et me voilà
en route pour la grande aventure. Ce genre de rencontre
met du piment dans la vie, cela vous donne de légers
frissons.
En route je me demande
comment il sera : si c’est un thon au naturel
(un moche, vilain, pas beau) je retirai ma rose et
je feindrai de ne pas le voir. On n’est pas
à l’abris des vilains mensonges du net.
Et puis on a beau dire que la beauté cela ne
compte pas et bien quand même un peu si …
Du moins cela aide bien dans un premier temps…
Là me vient
une autre idée : peut être va-t-il me
poser un lapin ? Cela arrive souvent ce genre de chose
: de tomber sur des petits rigolos qui ont 12 ans
et vous pose des rancards auquel ils ne viennent pas.
Je décide donc de l’appeler sur son tel
pour savoir s’il est en route et ou il se trouve
tout en continuant de marcher vers notre point de
rendez vous.
Ah il décroche
:
_ « allo ! »
une voix douce et suave me répond
_ « Oui c’est
KittyGirl » (c’est mon pseu)
_ « Il y a un
problème ? »
_ « Non pas
du tout, je voulais savoir si tu étais en route
! »
_ « oui, oui
et toi ? »
_ « Aussi !!
»
_ « je suis
impatient de te rencontrer KittyGirl, tu m’as
l’air sexy »
Le rendez vous s’annonce
chaud
_ « …
»
Et la je l’aperçois,
le tel à l’oreille, au coin de la rue,
attendant de traverser au feu au passage piéton.
Ouahh il est pas mal !!!
_ « Je raccroche,
je suis au coin de la rue »
Je suis au passage
piéton, moi aussi, et je commence à
traverser.
J’ouvre la fermeture
éclair de mon sac pour y glisser mon tel, il
m’échappe des mains et tombe sur le sol
tout boueux de la pluie de cet après midi.
Je m’accroupie pour le ramasser, je tend la
main et un lourdaud à grosse sacoche me rentre
dedans, il me pousse littéralement en marmonnant
un « pardon, excusez moi ». Mais seulement
voilà, moi je m’étale de tout
mon long sur la chaussé, la tête la première
dans la flaque d’eau.
Mon prince commence
a traversé.
Je suis à la
limite de pleurer, mes cheveux sont détrempés,
mon tailleur est fichu et ma rose est tombée
dans l’eau, d’ailleurs un passant la écrasée
de son pied.
Je me relève,
je continu de traverser, nous nous sommes croisés,
il n’a même pas jeté un œil
sur moi. Il m’attend de l’autre coté
de la route sans savoir que c’est moi.
Le rendez vous de
mes rêve ce ne sera pas pour cette fois ci.
A
une prochaine Mister Biscoto !