Sous
une pile de cartons
Lundi
13 mars 2006
Cher
journal,
Aujourd’hui, on m’a chargée d’une
mission bien ingrate. J’ai du aller chercher
plusieurs cartons à notre espace de stockage.
Après avoir un peu râlé (je ne
suis pas une manutentionnaire), je me suis résignée
après tout c’était une belle journée,
alors pourquoi pas ? Il faisait beau et limite chaud.
J’étais très contente de pouvoir
sortir de nos nouveaux locaux chargés de poussière
à cause des travaux de rénovation et
sentant l’horrible odeur de peinture glycéro
(celle qui vous monte à la tête).
Pas la peine de te rappeler que je ne suis pas une
manuelle et que je suis loin d’être faite
comme Miss univers. Je vais à la salle de sport
c’est vrai, mais beaucoup plus pour regarder
les fesses des hommes qui se dandinent au rythme du
tapis électrique pour courir que pour me gonfler
les biscotos de mes avants bras ultra féminin.
Ce matin j’avais opté comme tenue pour
un tailleur-jupe avec talons aiguilles (loin d’être
top pour porter des cartons). Je n’avais pas
envie non plus ni de me salir, ni de me faire mal
: les vacances avec ma copine Loulette approche et
ce serait vraiment dommage de ruiner mes magnifiques
jambes de gazelles. J’ai même prévue
de faire 5 ou 6 séance D’UV pour cette
occasion pour me donner un joli hâle (rien de
plus gênant que d’arriver sur la plage,
blanche comme un cachet d’aspirine, c’est
comme ci il y avait une pancarte au dessus de votre
tête avec marqué dessus en grand «
Fraîchement venu »). Un bleu aujourd’hui
aurait été vraiment malvenu.
Ce n’ai pas grave, je trouverai bien une solution
au moment opportun. Donc j’arrive à l’entrepôt
:
En bonne blonde ce matin, je n’ai pas pensé
à noter le code secret d’accès
(j’étais furieuse) et maintenant je l’ai
oublié. Je regarde la petite inscription juste
au dessus du panneau pour taper le code « Attention
3 codes erronés=blocage pour votre sécurité.
Merci »
Cela commence mal, je me retourne et je ne vois personne..
pfff ah si je repère une petite caméra
dans le coin du mur. Je m’approche d’elle.
Elle bouge, elle se dirige vers moi, d’ailleurs
je crois que l’on zoom. J’agite mes bras,
je montre le panneau pour le code, j’arbore
mon plus grand sourire.
J’entends le bruit d’une porte en taule.
Un petit monsieur barbu s’approche (il m’a
tout de suite fait pensé au père Noël)
et me dit :
-«
un souci ma petite dame ? »
- « oui j’ai oublié mon code »
Il soupire et sourit gentiment.
-« quelle société ? »
-« Basil textile »
-« oki, je vous ouvre »
Il tape un code (« sésame ouvres toi
! ») Et la porte s’ouvre comme par magie.
-« merci, beaucoup Monsieur, c’est bien
aimable, comment pourrais-je vous remercier ? »
- «ooohhhh, il n’y pas de quoi, j’aime
sauver les princesses en détresse » me
dit il en retournant à petites enjambées
vers la grande porte en taule d’où il
venait.
J’appuie
sur l’interrupteur. La situation est bien pire
que ce que j’imaginais. Il y a des centaines
de cartons, empilés les uns sur les autres
à la façon d’un sandwich dont
le contenu déborde. Cela sent le moisi et le
renfermé.
Je dois d’abord repérer ceux qui m’intéressent.
En voilà un justement, c’est bien ma
veine, il y a une étiquette collée dessus
: carton sans fond.
Bon ! aux grands mots les grands remèdes. Je
dégrafe, deux boutons de mon chemisier, je
relève un peu ma jupe et je sort illico presto
dehors, pour trouver un homme virile et fort pour
venir à mon secours (moi, faible femme, recherche
tarzan, homme fort pour porter ses cartons, houba,
houba !).
Dans un premier temps : personne. J’ouvre mon
sac pour sortir mon poudrier, histoire de rafistoler
mon rouge à lèvre (les lèvres
pulpeuses c’est vital en cas d’urgence)
je fais tomber par malchance (ou par chance) le contenu
intégral de mon super sac sur le sol. Je m’accroupie
pour ramasser son contenu et là je vois à
mes pieds, une paire de chaussure de type sécurité.
Je relève le regard et me redresse.
Je vois les yeux fixés d’un beau ténébreux
sur mes talons aiguilles. Son regard remonte le long
de mes jambes jusqu’à ma jupe puis le
long de ma veste de tailleurs, et se pose sur mon
décolleté plongeant. Il a l’air
confus.
Je prends ma respiration, je papillonne des cils et
je dits de ma voix la plus suave possible :
-«
Bonjour pourriez vous, s’il vous plait m’aider
à porter deux trois cartons jusqu’à
ma voiture»
-« bien sûre, dans quel box sont-ils rangés
? » il mâche un chewing-gum
-« je vous accompagne, ce sera plus facile,
euh ?!! Comment déjà ? !! »
-« Moi c’est Bobby et vous ? »
Ouah bobby, t’es sexy toi et pas qu’un
peu : brun, latino, regard de braise, chaîne
en or qui brille, tee shirt col en v laissant entrevoir
ses pectoraux musclés. Son bleu de travail
lui moule parfaitement les fesses.
-« Mimi pour les amis »
-« allons y, Mimi »
Après
avoir chargé les cartons dans ma voiture, j’ai
dit merci et j’ai récupéré
le tel du beau Bobby (comme dans Dallas mais sans
le chapeau de cow-boy).
Voilà une journée qui avait mal commencé
et qui ce finit plutôt bien.
Quand on n’est pas déménageur,
cher journal, il faut savoir profiter des opportunités
qui s’offrent à vous et il suffit parfois
de forcer un peu le destin plutôt que de ce
casser le dos.
Comme disait ma grand- mère « quand on
est jolie.. Ben on est jolie .. » N’en
déplaise aux autres : On range son coté
féministe dans sa poche et on profite des attributs
que vous a offert la nature ou même de ceux
qu’un bon chirurgien à prit le temps
de vous poser pour une certaine somme plus que confortable..
Et Aujourd’hui, ma foi, je ne m’en suis
absolument pas privé..