Avoir
des Ailes aux talons
Lundi 7 novembre 2005,
19h à mon journal
Hier, l’agence
d’intérim m’a enfin trouvé
une mission dans un salon porte ouverte de voitures
de luxe. Seul condition pour être accepter le
port des chaussures à talons hauts obligatoire.
J’ai beau être ultra féminine j’avoue
n’avoir jamais porté ce genre de chose.
Je me décide
donc à aller faire les boutiques pour me trouver
une paire de chaussure digne de ce nom. Le choix ne
manque pas.
Je fais plusieurs
boutiques, en vain. Je suis un peu désespérée
quand j’aperçois dans la vitrine d’une
petite friperie, les chaussures de mes rêves.
Rouges avec de petits bouts arrondis, parfaitement
profilées pour mon joli petit pied. Je me souviens
avoir lu un truc sur le sujet, je ne m’en souviens
plus, cela me reviendra. Ces chaussures ressemblent
presque aux chaussures de Cendrillon. Seul bémol,
le talon mesure pas moins de 12 cm. Aucune importance
pour ce détail minime, il est tard, je n’ai
plus le temps de les essayer, j’attrape les
chaussures, je paye avec ma carte et je file chez
moi.
Aujourd’hui
c’est le grand jour, j’enfile mon joli
tailleur et je décide de mettre les chaussures
dans un sac, car conduire avec des talons aiguilles,
cela ne doit pas être évident j’imagine.
Donc je met mes basquettes aux pieds et je fonce jusqu’au
hall d’exposition.
Les filles sont toutes
plus jolies les unes que les autres, d’ailleurs
certaines m’avouent être des mannequins
dans la vie et devoir faire ce genre de salon pour
payer leurs factures en fin de mois. C’est sans
doute pour cela qu’elles ont toutes une certaine
aisance pour marcher avec ce genre de chaussure. Cela
leur donne pour certaine, un petit air de girafe qui
survole du regard la prairie pour trouver un feuillage
à se mettre sous la dents.
Trêve de bavardage,
je me décide à sortir de leur boîte
mes pantoufles de verre. Je m’assoie sur le
premier banc de libre et je tente de les enfiler.
Premier hic : mon coup de pied est vraiment trop gros,
j’ai du mal à le rentrer dans la chaussure.
Je force un peu, beaucoup, je sers les dents, encore
un effort, j’y suis, enfin presque, voilà
c’est mis. Moué, faut enfiler l’autre,
espérons que celui qui est déjà
garni était le pied fort ! Non sans mal je
recommence, je manque de justesse à plusieurs
reprise de casser la chaussures, à force de
contorsionner je fini par y arriver enfin !
Ah elles sont plutôt
pas mal, en fait, j’ai la cheville fine et le
mollet allongée, j’ai tout de suite l’air
moins boudinette.
Ah !
_ « Les hôtesses
d’accueil sont demandées au bar de l’entrée,
les hôtesses d’accueil s’il vous
plait »
C’est à
moi de rentrer en scène. Je me hisse sur mes
deux pieds. Ouahhhh !!! Je ne sent même pas
se qui se passe sous ma semelle. Mes jambes sont arquées.
Je me force à me redresser, j’ai l’impression
que mon dos est tout creusé. Je regarde les
autres, d’ailleurs les autres me regardent aussi
avec un petit sourire en coin de bouche. Bah !! Si
elles y arrivent moi aussi ! Faut pas un QI de 140
pour marcher avec des chaussures à talons hauts.
Je me lance et j’avance.
A mon premier pas je râpe le sol, au second,
je me tords la cheville, à mon troisième
je me rattrape sur ma voisine. J’arrive près
des escaliers qu’il faut à présent
descendre pour aller vers le bar près de l’entrée.
Je descends la première
marche, je loupe la seconde et je dévale majestueusement
toutes les marches des escaliers sur les fesses. Les
jambes écartées face à l’organisateur
de la manifestation. C’est yeux sont médusé,
aussi gros que des œufs devant le spectacle qui
s’offre à lui. Je suis rouge et confuse.
Ah ! Voilà
cela me reviens : « talon rouge se disait autrefois
d’un homme de la cour qui avait des talons rouges
à ses souliers, ce qui était une marque
de noblesse. Il se dit aujourd’hui familièrement
de quelqu’un qui a des prétentions à
l’élégance, aux belles manières
».
J’ai donc rangé
mes talons rouges et j’ai vite pris mes jambes
à mon cou !