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Mistinguette
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Comme au printemps

mardi 2 Mai 2006


Oh lala.. Que m'arrive t il cher journal?
Chacun sait que je ne n’étais pas la dernière à faire du charme. Où est passé la bombe platine si pleine d’assurance qui n’a jamais eu peur de me mouiller... J’étais une femme libre et très sûre d’elle jusqu'à ma rencontre avec bobby. Avec Bobby cela fait un petit moment que l’on se fréquente maintenant ; Il est sympa et drôle en plus d’être beau. Le prince charmant en fait mais sans le vocabulaire qui va avec (on ne peut pas tout avoir : la crémière, le beurre et l’argent du beurre comme dirait ma Grand-mère chérie). A la maison, je n’ai pas l’habitude d’avoir un homme dans mes jambes. Ce n’est pas toujours simple d’ailleurs de respecter l’espace vital de l’autre, ni même de faire des concessions. Quand on pratique depuis longtemps le célibat, on apprend beaucoup de choses, à savoir entre autre: supporter la solitude et à se débrouiller en tout et pour tout en solo. Cela nous rend un petit peu égoïste. C’est la loi du chacun pour soi ou plutôt du chacun chez soi. Je ne voyais pas du tout, la vie de couple comme cela. Bobby vit pratiquement chez moi car chez lui c’est une garçonnière avec la déco et puis surtout le bordel qui va avec. Pas moyen de poser un pied au sol sans écraser toutes sortes de détritus, dont certains ne sont même plus reconnaissable, tellement le stade de décomposition et avancé. C’est loin d’être le Tony Danza de « madame est servie » !
C’est temps ci j’ai un peu de mal à supporter les chaussettes traînantes et puantes de bobby au pied de mon lit. J’en ai un peu marre de me taper toute seule la vaisselle tous les soirs ou de devoir baisser l’abatant du siège des toilettes avant de faire pipi. Je n’ai plus envie de cuisiner, d’ailleurs j’ai perdu les 4 ou 5 kg que j’avais en trop et pas grâce au fameux régime de la soupe au chou. Je dois t’avouer que je l’ai abandonné au bout de deux jours une pizza m’ayant fait méchamment de l’œil, un soir où j’avais terriblement le cafard. En plus, qui dit en couple, dit non disponible, dit non dragable, dit maqué. Et moi depuis la pose de mes nouvelles prothèses mammaires, j’ai envie de sensations fortes, de frémissements, de frissons. Peut être ne suis-je tout simplement pas faite pour la vie de couple.
Je jongle en ce moment entre mon assurance et ma gène.
Parfois j’ai tendance à provoquer les choses. Mon sens de la réparti reprend du service de plus belle, et je me surprends à répondre aux petits jeux de mots incitateur de certains de mes collaborateurs. A d’autres moments, je rougis, baisse les yeux lors de regards un peu trop insistant comme une ado lors de son premier rendez vous.

Hier midi à la cantine, un collègue me dit sur le ton d’un ménestrel annonçant l’arrivée d’une princesse à son seigneur : « Petit Mimi toute Mimie dans sa jupette passe devant moi » Il se penche devant moi, à la façon d’un mousquetaire me faisant des courbettes avec son chapeau.
Il me regarde et il termine par « tu es un beau petit lot »!
Aujourd’hui le livreur (jérémy) m’apportant les colis de la société à mon bureau me dit : « Mistinguette, vous êtes une femme très élégante ce matin, il est superbe ce tailleur »
Tout à l’heure en sortant du boulot, un homme d’une quarantaine d’année, tempe grisonnante genre Richard Gere, voiture de sport, Rayban au nez m'a même proposé de me raccompagner en voiture, vu que j’étais à pied...
Bon, je sais, cher journal, que ce n’est pas la modestie qui m’étouffe, et pourtant ça se présente souvent ces derniers temps. Voilà, je regarde mes chevilles en train de gonfler presque autant que ma nouvelle et généreuse poitrine.
Même si je sais qu'au printemps, la sève monte, Les oiseaux gazouillent, les fleurs éclosent, les arbres bourgeonnent, je me demande si je vais rester avec le beau Bobby. Vais-je céder à la tentation et briser le sceau de la fidélité ?
Ne suis-je pas tout simplement en train de devenir une autre femme ? A moins que ce soit ma nouvelle poitrine qui ne me soit monté au neurone.... (Au singulier le mot « neurone » car je craint qu’il ne m’en reste en fin de compte plus qu’un seul de fonctionnel dans la masse moelleuse et visqueuse de mon petit cerveau). Comme quoi, l’ajout de quelques bouts de plastique dans la poitrine, peuvent vous changer en une autre personne.
Je crois avec le recul, tout simplement qu’elle se termine cette histoire avec Bobby. Je vais donc prendre les mesures qui s’imposent…



 

 

 

 

 

 

 

 

     

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