Dans l'antre
du dragon (1)
Lundi
29 mai 2006
Cher
journal,
Me suis de retour de vacances, quelle chance me dirait
certain..
Je dois le dire mon bronzage est particulièrement
bien réussi cette année, grâce
à l’utilisation de certaines gélules
mais ce n’est pas le sujet du moment, donc..
Oui mais voilà je retombe brutalement à
la réalité. Je viens d’accepter
une mission dans une boîte de marketing. Le
job y est très intéressant et le salaire
plutôt correcte. Seulement voilà.. Il
y a un hic. Je suis l’assistante d’une
femme particulièrement difficile. Florence,
ma supérieur directe est infecte.
On
parle beaucoup de la façon dont les hommes
rabaissent les femmes à leurs boulots, mais
je peux vous dire que certaines femmes ne valent pas
mieux. On dirait presque des caricatures tellement
certaines se sentent au dessus du lot pour un simple
mot écrit sur une fiche de paie : le mot «
DIRECTION »
J’ai passé mon entretien avec le big
Boss de la boîte : un gas sympa et joviale,
souvent absent en déplacement. Il m’a
bien stipulé que je bosserai essentiellement
avec une de ses assistantes de directions mais ne
m’a pas précisé que ce serait
celle qui est la plus coincé du lot.
Je
te place le personnage : Florence doit mesurer 1m75
environ, elle est enrobée. On voit qu’elle
n’a pas perdu tous les kilos restant de sa grossesse.
Elle essaye de les cacher derrière des hauts
blancs un peu évasés et des pantalons
noirs coupe droite. Mais ses joues rondes ne trompent
personne.
Elle se tient droite comme un « I » ou
plutôt comme si elle avait un bâton glissé
dans son chemisier le long de sa colonne vertébrale
qui l’empêcherait de se pencher. Elle
est blonde légèrement peroxydée.
Son visage n’est pas particulièrement
fin. Ses traits sont grossiers mais avec un bon maquillage,
son visage devient un peu plus féminin voir
agréable. On dirait un mélange de super
Nany (dent de cheval) et de Laurence Bocolini. Savant
mélange je dois dire dont la ressemblance s’accentue
lorsqu’elle enfile ses lunettes.
Florence
au premier contact semblait sociable et presque sympathique.
Elle m’a accueilli avec un superbe sourire,
une voix mielleuse le jour de mon arrivée au
bureau. Elle m’a invité à boire
un café à la machine dans le hall. Nous
avons papoté de notre vie familiale. Elle m’a
beaucoup posée de questions sur mes intérêts
dans la vie. Elle ponctuait mes phrases par des «
oh et bien moi aussi », « j’adore
aussi », « j’en ai déjà
fait » donnant à la conversation une
tournure presque intime. On aurait dit que l’on
se connaissait depuis longtemps tellement la liste
de point communs était abondante.
Le Karma, le destin, peut être avions nous déjà
vécu à une autre époque une vie
commune ?
Ce
qui m’a un peu interloqué dans un premier
temps, ce sont ses discours.
Elle tenait devant moi et les autres femmes du bureau
un discours très féministe. Elle défendait
avec ferveur la place de la femme dans l’entreprise,
son droit à un salaire égal à
celui d’un homme pour une même tâche
; ce que l’on pouvait aussi remarqué
c’est le nombre de dossier qui s’agglutinaient
sur son bureau et qui finissent indéniablement
ensuite sur le mien par manque de temps, de courage,
parce qu’elle étaient surbookée,
ou peut être un peu laxiste voir paresseuse.
Elle se plaignait beaucoup de son salaire et des responsabilités
que l’on lui avait confié.
Quand le big boss passait par là, évidement,
le sourire était de sorti, je ne l’ai
jamais entendu ni se plaindre ni demander quoi que
ce soi, d’ailleurs je crois même bien
qu’elle acceptait tout ce que le big boss pouvait
lui refiler sans rechigner. Et à chaque départ
du monsieur c’était le même rituel.
Le sourire laissait place à un rictus crispé
laissant apercevoir une ride du lion particulièrement
bien prononcé sur son front. Malheur à
celui qui croisait son chemin a ce moment la. Je me
suis demandais si c’était de l’hypocrisie
ou par manque de courage qu’elle n’osait
pas dire tout haut au Big boss ce qu’elle pensait
tout bas ! Au fil des jours je m’aperçu
qu’elle n’était pas beaucoup aimé
de ses collègues masculins et encor moins de
ses collègues féminines.
A
suivre …