Dans
l'antre du dragon (3)
Lundi
12 juin 2006
Chaque
jour je dois me rendre au boulot et partager mon bureau
avec cette vilaine mégère. J’attends
avec impatience qu’elle prenne sa pause clope
pour pouvoir ouvrir la fenêtre et laisser s’échapper
l’air vicié qui envahit le bureau à
cause de cette tension omniprésente.
Personne ne vient dans ce bureau, plus personne n’ose
ou ne veut venir me voir de peur d’être
refroidis par le dragon qui habite ses lieux.
Je ne peux sortir plus de 10 minutes pour aller aux
toilettes sans qu’elle n’en profite pour
me coller un dossier de plus à traiter dans
ma pile déjà bien haute.
J’ai bien pensé en parler au big boss,
mais je ne suis qu’intérimaire. Je n’ai
pas vraiment ma place ici et le patron n’est
pas souvent la. Il faut faire avec et tenir bon. Faire
front devant ce démon en escarpin. Et puis
je me dis qu’il y a pire : que son mari lui
devra la subir toute sa vie alors que moi je n’en
ai que pour 6 mois.
En parlant de cela, parfois je guette à la
fenêtre à la sortie des bureaux pour
voir si je vois sur le parking ce courageux monsieur
qui partage sa vie. Je voudrais vérifier qu’il
n’a pas une belle paire de cornes qui lui pousse
sur la tête. Car la Duduche à l’air
d’avoir de sacrées théories sur
ce sujet. Plusieurs fois je l’ai entendu émettre
des jugements sur des situations de crises conjugales
d’autres collègues. « Oh ben regarder
cela ne mange pas de pain » ou bien «
embrasser ce n’est pas tromper » ou alors
« on ne vit qu’une fois »…On
pourrait se dire que c’est comme le reste c'est-à-dire
du vent mais la ou je reste plus septique sur ce point
c’est que lorsqu’elle croise certains
hommes de la boîte elle sort parfois l’artillerie
lourde.
Bimbo
land la voilà : au diable les discours féministes.
Elle se redresse, remonte sa jupe, dégrafe
son chemisier, arbore son plus grand sourire montrant
ses encombrantes dents bien blanches misent en valeur
par son rouge vif pepsi. Elle frôle le regard
langoureux, elle fait même des blagues salaces
ou des sous entendu qui ne sont plus des sous entendus.
Elle ose même toucher l’épaule
et se pencher en s’approchant de la bouche de
sa proie en ricanant aux réponses souvent grossières
et vulgaires des fameux collègues en question.
Elle « allume ». Elle « provoque
» sans même se soucier des regards assassins
lancé par ses autres collègues agacées
par de tels comportements. Elle en rit et souvent
dit que c’est tout simplement de la jalousie.
Trop occupée à se regarder le nombril
elle ne voit absolument pas ce que son attitude a
de choquante.
Une
fois monsieur bidule est venu me trouver en me questionnant
sur les problèmes éventuels que pourrait
avoir Florence chez elle. Il m’a avoué
avoir été gêné de l’attitude
qu’elle avait eut devant lui. Il m’a avoué
que souvent il prétextait un oublis quelconque
pour pouvoir éviter de prendre l’ascenseur
avec elle. Certains la traite « de pétasse
» et ne se lassent pas de baver sur elle, d’autre
la traite « de pauvre fille » qui doit
avoir tout un tas de problème dans sa vie et
qu’il faut la plaindre plutôt que de la
détester. Moi je dirai plutôt qu’elle
est très nombriliste ce qui fait qu’elle
ne réalise pas toujours ce qui se trame autour..
A
suivre …
a