Dans
l'antre du dragon (8)
Lundi 30 juillet
2006
La
voilà ce matin qu'ellei arrive en traînant
des pieds. Elle s’installe à son bureau
sans un mot, on entend a peine un bruit de froissement
de jupe. Cela fait maintenant presque 15 jours que
la fameuse soirée est passée, Mais Florence
n’en démord pas. Elle s’est murée
dans son silence et j’en ai presque les poils
qui s’hérissent dans le dos en l’écrivant.
Je ressens chaque jour comme un vent qui me glace
le sang ; comme disait ma grand-mère «
La vengeance est un plat qui se mange froid »
et vu l’ambiance qu’il règne au
bureau je crains que celle de Florence ne soit terrible.
Je l’observe un petit moment, discrètement
en feignant de lire un dossier que je tiens à
la vertical devant mes yeux. Elle a enfilé
ses lunettes de vue rectangulaires pour cacher les
énormes cernes qui entourent ses yeux. Elle
s’est à peine maquillée ces jours
derniers. Que peut il bien se passer dans la tête
de cette femme ?
Soudain un mot sort enfin de sa bouche :
_ « mistinguette ? »
_ « Oui, florence » j’essaye d’adopter
un ton naturel, mais vu la situation, cela devient
très difficile. Ma voix d’abord rauque,
tremble un peu. Je racle ma gorge pour dégager
mes cordes vocales.
_ « n’auriez pas eu vent de quelques commentaires
à mon sujet ces derniers temps ? »
Ben on ne peut pas dire qu’elle y va de main
morte.
_ « non, pas vraiment, pas depuis la soirée
.. » J’aurais du peut être tourner
ma langue 7 fois dans ma bouche avant de parler.
_ « Oui, je vois, j’ai eu un entretien
avec le big boss la semaine dernière, il en
ressort que je doit être beaucoup plus communicante.
Les gens n’ont pas l’air très à
l’aise avec ma personnalité un peu froide
au premier abord, j’aimerai faire plus d’effort
dans ce sens. Qu’en pensez vous ? »
_ « Oui, sans doute .. »
_ « Très bien donc.. Nous commencerons
avec vous » elle me fait un petit sourire et
baisse les yeux sur son dossier. »
Soudain elle reprend
_ « Vous savez mistinguette, je pense que les
gens ne sont pas forcément à prêt
à côtoyer des personnes comme nous »
Tiens, elle m’inclut dans son mode de raisonnement.
Sa voix change de ton, soudain j’ai l’impression
d’avoir à faire à une autre personne.
Je sens de la colère, ses sourcils se sont
froncent, ses yeux semblent embués. Ils sortent
presque de leurs orbites. Florence à déjà
des yeux globuleux au naturel mais la on dirait ceux
d’un voile de chine.
_ « je veux dire, beaucoup sont de personnes
jalouses et envieuses. Cela m’écoeure
ce genre de comportement. Ces personnes la, regarde
dans votre assiette et passent leurs temps à
vous épiée pour vous copier parce qu’elle
vous envie au fond. Nous sommes jolies, c’est
normal. Je sais par exemple que quelqu’un surveille
mes mails. Je crois même que cette personne
écoute parfois mes coups de téléphones.
J’entends le bip du déclenchement de
l’autre combiné.
_ « Ah bon c’est à ce point ? Qui
donc ?
_ « je ne peux pas donner son nom, du moins
pas pour l’instant. Mais je peux vous dire que
cette personne m’en veux beaucoup car un homme
de la société me fais du rentre dedans.
J’ai flirtais un peu avec lui, mais cela restait
gentil. »
Elle parle sans doute de ce pauvre monsieur bidule
qui essaye désespérément de l’éviter
lorsqu’il la croise dans les couloirs.
_ « Depuis, je reçois même chez
moi des coups de téléphone anonyme.
Une fois quelqu’un a piraté ma messagerie
MSN. »
_ «C’est possible ça ? »
_ « Vous êtes naïve, tout est possible
sur le net. Une autre fois une autre personne, peut
être la même d’ailleurs a utiliser
mon logging pour poster des messages vulgaires en
mon nom sur un forum. »
_ « cela devait être gênant, effectivement..
»
_ « Je n’en parle pas trop voyez vous,
car si je coince cette personne, je lui collerai un
procès, on a des droits, une vie privé…
j’irai même plus loin, je pense que cette
femme à organisé un complot au sein
de la boîte afin de me faire licencier »
_ « … »
_ « Je n’ai pas l’intention de me
laisser faire, Je vois bien que tout le monde me regarde
de biais, fait des messes basses. Personne ne m’aime
vraiment ici. C’est à la limite du harcèlement
moral… »
Oulalala,
je comprends vraiment à présent à
qui j’ai à faire … elle est tout
simplement paranoïaque …. Je ne vais pas
la contrarier, il vaut aller dans son sens.
_ « Vous en êtes ou du Dossier PPA ? »
je tente une diversion.
_ « Oui vous avez raison, revenons à
nos mouton » elle me sourit et reprend une voix
mielleuse.
_ « Il nous faudra être prête pour
la réunion de demain ».