Dans
l'antre du dragon (10)
Vendredi
11 Août 2006
Un matin, je ne vis
pas arriver Florence au boulot. Je dois admettre que
ce n’est pas du tout dans ces habitudes. Florence
a beaucoup de défauts, mais elle est très
assidue à son travail. Et pour cause, elle
est très bien payée à ne rien
faire, alors pourquoi manquerait-elle une journée
de travail ?
Peut être que cela avait un rapport avec l’absence
de Mr Truc. C’est vrai que depuis quelques jours,
Florence arbore au boulot le sourire de la femme satisfaite.
Elle est beaucoup plus gracieuse et un peu plus détendu
(moins raide). Il faut bien l’avoué,
une femme épanouie dans sa vie sexuelle l’est
aussi dans sa vie sociale. Voilà quelques jours
que je la soupçonne d’avoir enfin pris
un amant.
Le lendemain, Florence franchi la porte essoufflée,
le regard désespéré et le bras
droit dans un bandage. Elle ne me laissa pas le temps
de lui dire bonjour, elle enchaîna de suite
:
-« Bonjour Mistinguette, ne me demandez pas
ce qui s’est passé hier, c’était
une abominable journée »
Bien, me dis je. Je vais pouvoir éviter d’être
compatissante. C’est vrai cependant que j’aurai
bien aimé en savoir plus sur son bras en écharpe.
Elle se dirigea vers son bureau, déposa son
porte document. Elle fixa un point à l’extérieur
de la fenêtre et ne bougea plus pendant 1 à
deux minutes. Puis elle repris :
-« Ma journée d’hier avait vraiment
mal commencé, tout d’abord en partant,
j'entends un goutte à goutte depuis l'évier
de ma cuisine. En fermant le robinet, celui-ci me
reste dans les mains. L’eau se met à
gicler de partout. J’ai du me changer très
vite et téléphoner au plombier pour
qu’il vienne me réparer cela au plus
vite. La cuisine était déjà bien
inondée lorsque celui-ci daigna montrer le
bout de son nez .. Je file dans l’allée
et la je constate que mon ascenseur est en panne et
j’habite au 13eme étage. Je sorts dehors,
il pleut des cordes, bien évidement j’ai
oublié de prendre mon parapluie, impossible
de remonter le chercher. Je cours sous la pluie jusqu'à
la ram du tramway, un bus passe au moment ou je traverse
la route dans une immense flaque d’eau. Le vent
se lève, mon attaché caisse tombe, il
s’ouvre et tous mes documents s’envolent
pour finir dans le caniveau. Mon téléphone
me glisse des mains et se casse en deux en touchant
le sol. Tout cela pour constater qu’au final,
il y a une grève des conducteurs de tramway.
J’ai du donc prendre ma voiture. Je m’installe
enfin dans un endroit au chaud. Tout va bien pour
la première fois depuis le début de
la journée. Je démarre et file sur l’autoroute
je double un camion et 800 mètres plus tard,
je perds le contrôle de la voiture. La voiture
traverse une voie d'accélération, arrachant
tout sur son passage (2 panneaux de signalisation)
avant de stopper sa course au bord d'un champs. Je
n’avais rien et c’était miraculeux.
Je décide de faire du stop en agitant les bras
sur le bas coté. Un poids lourd s’arrête,
je lui demande de me déposer à la gare
la plus proche. Je vous assure mistinguette que cela
ne sentait vraiment pas bon dans ce camion. Bref nous
arrivons enfin à destination. Alors que je
me dirige vers l’entrée de la gare, Un
vélo m'a renversé. Un homme adorable
m'a emmené aux urgences, le vélo cycliste
bien évidemment a disparu. Comme je m'étais
mordu la langue lors du contact avec le "airbag"
lors de mon accident de voiture. Le docteur a soupçonné
une crise d'épilepsie qui m'aurait fait perdre
le contrôle de ma voiture .Elle m'a donc gardé
24 heures en observation et m'a interdit de sortir
avant d'avoir subi des examens neurologiques plus
poussés.. J’apprend sur place par ma
bonne que mon fils de 3 ans à mordu à
sang un des ses camarades.
On m'a relâché de l'hôpital ce
matin avec mon bras en écharpe pour rentrer
chez moi…
Ouahhh !!! Soit Florence n’a vraiment pas de
chance et on peut l’appeler pierre Richard,
soit elle fabule et est doté d’une grande
imagination. En tout cas elle a un sens profond du
professionnalisme. Elle préfère venir
travailler au bureau plutôt que de rentrer chez
elle se reposer. C’est vraiment un « Super
woman »
-« j’espère que tu va mieux ? »
demandais-je ironiquement en me pinçant la
lèvre.
-« Oui, bien sûre, je suis « une
working girl ». J’ai très vite
recadré tout cela de mon lit d’hôpital.
Heureusement que la technologie cela existe : j’ai
tel au plombier pour vérifier qu’il avait
bien fait son travail, j’ai appelé une
dépanneuse pour remorquer la voiture, j’ai
remit les choses à leurs place avec le médecin
afin qu’il me laisse sortir en le menaçant
de lui faire un procès. Ils ne comprennent
que ce langage c’est gens là. Et la bonne
s’est occupée de mon fils.
La porte s’ouvrit. Un petit monsieur, maigre,
un peu dégarni au regard vert perçant
entra dans la pièce. C’était Mr
Truc.
-« Florence, je peux vous parler un instant
c’est à propos d’hier »
Florence rougie..
-« Oui bien sûre Mr Truc.. »
Elle se tourna vers moi.
-« Je reviens dans un moment »
Elle s’avança vers la porte, saisi machinalement
la poignée par sa main droite qui pour le coup
ne semblait absolument plus la faire souffrir