Moi
Tarzan, toi jane
vendredi
18 novembre 2005, 17h30 à mon journal
Aujourd’hui
j’ai bien cru avoir fait la rencontre du siècle
dans les couloirs de la société :
Grand, brun, les yeux
bleus, particulièrement bien habillés
qui doit avoir entre 35 et 40 ans. Il doit faire un
peu de musculation, on devine ses pectoraux sous sa
chemise. Il me fait un peu penser au mannequin pour
les publicités de parfum. Je ne l’avais
jamais vu jusque la, cela fait quelques semaines que
je suis en mission dans cette boîte en tant
que secrétaire de direction.
Je sors des toilettes
et je passe devant la machine à café
qui se trouve juste à l’angle, en face
en fait de l’espace repos. Tarzan est juste
la (nous l’appellerons tarzan par commodité).
Il boit un café en discutant sûrement
de ses dossiers en cours avec un de ses collègues.
Je l’observe un peu à distance, j’avoue
qu’il m’impressionne. Je m’avance
vers lui, il me regarde, je rougie. C’est inespéré,
il m’a remarqué. Je fait déjà
des plans sur la comète : on va papoter, il
va m’inviter à boire un café après
le boulot, peut être à faire un resto
et ce sera l’idylle de l’année.
Certain me diront que ce n’est pas raisonnable
d’avoir une aventure sur son lieu de travail,
mais moi cela ne me gène pas. Et puis comme
disait ma grand-mère : il ne faut pas cracher
dans la soupe lorsqu’une occasion se présente
et de mon coté elles se font assez rare en
ce moment.
Donc je m’approche
de lui et comme dans les films de cinéma ces
quelques pas me semble des heures. J’entends
presque la petite musique mélodramatique de
film, et je sens le vent de la climatisation qui soulève
mes cheveux. J’arrive à sa hauteur, il
me sourit. J’en profite pour constater l’état
parfait de son hygiène buccodentaire. Les dents
c’est pour moi un des premiers critères
de sélection. Je lui souris. Je passe à
coté de lui. Il sent bon l’après
rasage. Mais rien ne se passe, il ne m’adresse
pas la parole, Tans pis de toutes façon certains
gestes sont plus éloquents que certains mots.
Je continu mon chemin. Je me retourne, il me regarde
avec un large sourire. Je retourne à mon bureau
assez satisfaite.
Ma collègue
Claire entre dans le bureau et me dit.
« -dis, tu as
vu il y a le big boss en visite ce matin »
Je lui réponds
en ricanant :
« -ah bon ?
Il à l’air de quoi ? D’un petit
maigre chauve trop coincé dans ses vêtements
»
Elle sourit :
«- non, il est
plutôt pas mal, c’est un brun au yeux
vert, j’en ferai bien mon 4 heure »
Je réalise
:
« C’est
le type qui se trouve à la machine à
café ? »
«- oui, tu l’a
rencontré ? »
« -non, non
pas vraiment en fait »
C’est plutôt
flatteur d’avoir taper dans l’œil
de son patron. Je repense à son petit sourire
de tout à l’heure. Peut être m’enverra
t-il un mail interne pour m’inviter à
le prendre ce café.
Je me lève
pour saisir la perforatrice rangée un peu plus
loin sur les étagères, le sourire aux
lèvres.
«-euh ?!! Mimi
? »!! M’interpelle Claire
Je suis encore sur
mon nuage, il me faut un petit temps de réactions
avant de réaliser que ma collègue me
parle.
« -oui ?! »
« -Tu as ta
jupe de coincer dans ton collant »
Hein ?!! Mais qu’est
ce que tu me racontes la ! Dis donc dis donc !! Ma
jupe..Dans mon collant?!!!
Je tâte mes
fesses. Je sens le gros bourrelet de ma jupe froissé
coincée dans le collant. Voilà qui clos
mon histoire romantique. Je revois le visage une fois
encore de mon patron et je réalise la raison
du fameux sourire de celui-ci lorsque je me suis retournée.
Je manque de me sentir mal. Je suffoque, la tête
me tourne. D’ailleurs je crois que je vais courir
aux toilettes, j’ai des crampes d’estomac.
Je ne serais donc jamais sa « Jane »,
de toute façon je pense avoir eu plutôt
jouer le rôle de tchita dans cette histoire.
Je n’ai parlé
de cette histoire à personne bien sûre.
Je vais raser les murs jsuqu’à la fin
de cette mission.