Clopinettes
Mardi
29 novembre 2005, à mon journal
Le téléphone
sonne, c’est lolette ma copine de toujours,
je crois que l’on a tout partagé ensemble.
On se connaît depuis la maternelle et même
si on se voit moins en ce moment nous restons les
meilleurs amies du monde. On se tel régulièrement
pour se donner de nos nouvelles, pour préparer
nos vacances de cet été comme chaque
année que nous passerons ensemble pour rattraper
le temps perdu. Elle me parle de son boulot, de son
mec actuel, de son nouveau régime et m’annonce
qu’au 1er janvier 2006, elle arrête de
fumer !
Cela me turlupine
cette histoire, pourquoi arrêter de fumer ?
Moi ? Je fume pour le plaisir, quelques cigarettes
: une le matin, une après le déjeuner,
une à 16h à la machine à café,
une devant l’ordinateur en surfant, une après
l’amour, quelque unes en soirée pour
la convivialité. J’aime le goût
de la cigarette, l’odeur du tabac, la sensations
dans les poumons. C’est mon seul vice avec le
chocolat. J’aime fumer pour accompagner les
plaisirs de la vie.
J’aime un peu
moins mon teint verdâtre, mes cheveux ternes,
mon haleine fétide du matin et l’odeur
de la clope froide sur mes fringue. Outre le gouffre
financier, je ne tousse pas donc tout va bien ! De
toute façon je peux arrêter de fumer
quand je veux et ça c’est pas donné
à tout le monde !
Mais pourquoi j’ai
commencé à fumer au fait ?
Ah oui, je me souviens
avec lolette, on a fumé notre première
gauloise (beurk !!!) caché derrière
les buissons de l’entrée principale du
collège. J’avais volé ce paquet
de cigarette à ma mère, sur son buffet.
On voulait juste goûter pour voir. On faisait
des cercles avec la fumée, on prenait des airs
distingués et une certaine contenance en tenant
cet objet. Cela faisait adulte. Il y avait un petit
goût de risque et d’opposition parental.
C’est vrai que question opposition, cela a vraiment
tout changé : lorsque mes parents ont appris
que je fumais, j’ai été privé
d’argent de poche et de sortie et puis ma vie
a continué. C’était la mode d’avoir
un joli briquet et un bon moyen de draguer, d’allumer
de faire des rencontres et de nouveaux amis : «
t’as pas du feu ? Tu n’as pas une clope
? » Même timide on peut faire des rencontre
avec ce système.
Et maintenant pourquoi
fumer ?
Nous les femmes, nous
fumons pour nous émanciper, après tout
pourquoi ce vice serait il réservé au
homme ?
Lorsque je rentre
chez moi, j’enlève mes chaussure, je
m’avachie nonchalamment dans mon fauteuil, j’allume
la TV pour mon griller une, cela me permet de tuer
le temps, de chasser l’ennui. Je fume pour me
consoler de mes malheurs, oublier la solitude. C’est
dure le célibat. Il y a tout un monde autour
de la cigarette qui se crée lorsque l’on
l’allume qui dure pas moins de 6 minutes. :
Un petit cocon, un mini chez soi, dans sa tête.
Cela me détend, me calme en période
de stress, les gens qui ne fument pas sont souvent
beaucoup plus agressifs. Au travail, Je bosse toujours
mieux après avoir fumer, je me concentre plus
facilement sur mes objectifs. Je peux remplacer un
repas par une clope et une pomme le midi !
Ça permet de
faire de profondes inspirations sans vexer et de camoufler
les petit prout imprévus (en l’allumant
au bon moment)
Ma tante a fumé
jusqu’à des 84 ans, deux paquets par
jour ! La vie est trop courte, faut en profiter à
fond. Et puis un peu plus ou un peu moins.. Ce n’est
pas pire que de sauter à l’élastique.
Demain je peux glisser
dans la rue sur une peau de banane ;
Il paraît que
c’est terrible d’arrêter de fumer.
Si j’arrête de fumer, je ne pourrais plus
voir mes amis fumeurs et je risque de prendre du poids.
En fait avec le recul
je pense qu’elle a raison, j’en ai un
peu marre de me geler les fesses pour fumer ma clope
dehors lorsqu’il fait froid, qu’il vente
ou qu’il neige. Je voudrai plus d’argent
pour finir mes fins de mois ou pour m’acheter
d’avantage de fringues ou pour allez un peu
plus au coiffeur. Je voudrais pouvoir monter ces foutu
escaliers sans avoir a cracher mes poumons.
On a tout fait ensemble
jusqu’ici, alors pourquoi pas maintenant, c’est
sûrement l’occasion qui fait le larron
!
C’est
décidé : Demain j’arrête
de fumer !