Le
babyboum est une bonne nouvelle mais encore insuffisante
Ecoles
et crèches, consommation, logement: le «baby-boom»
français aura vraisemblablement des conséquences
économiques et sociales. Selon l'Insee qui
publie les dernières statistiques démographiques,
il ne devrait pas résoudre à court terme
le problème des retraites, plus sensible au
vieillissement de la population.
Avec 830.900 naissances en 2006, les Françaises
ont fait mieux qu'en 2000, année marquée
déjà par une forte natalité,
avec 808.200 nouveaux-nés. Cet afflux de bébés,
après les années 90 «creuses»,
devrait fatalement allonger les listes d'attente en
crèche, mode de garde prvilégié
des familles, mais en nombre déjà insuffisant.
Le plan gouvernemental «petite enfance»
de novembre 2006 a prévu un coup de pouce,
avec 40.000 places nouvelles de crèches sur
cinq ans, et encouragé les crèches d'entreprises,
alors que le nombre d'enfants sans solution de garde
est déjà estimé à 240.000.
Le nombre d'assistantes maternelles, dont les besoins
sont estimés à 60.000 dans les cinq
ans, devrait aussi être revu à la hausse.
La branche famille de
la sécu sera sollicitée et déjà
la Cnaf (caisse nationale d'allocations familiales)
s'est inquiétée mardi du financement de
ces crèches.
L'Education nationale
va devoir elle aussi s'ajuster, alors que, chaque année,
les syndicats protestent contre «l'insuffisance»
des postes et brandissent la courbe des naissances pour
négocier des ouvertures de classes.
A la rentrée
2006, pour accueillir en primaire les enfants du «baby-boom»
de 2000, l'Education nationale a créé
500 postes d'instituteurs, un pour 48 enfants supplémentaires.
Du coup, l'accueil des petits de deux ans, non obligatoire,
qui concerne 190.000 enfants aujourd'hui, presque autant
qu'en crèche (255.000), deviendra sans doute
de plus en plus difficile, comme c'est déjà
le cas à Paris.
Pour le démographe
Hervé Le Bras, l'accroissement des naissances
«n'a pas été anticipé».
Puisque la fécondité des Françaises,
dans les années 90, baissait, «on a pensé»,
dit-il à l'AFP, «que les familles seraient
moins nombreuses, alors qu'en fait, les femmes ne faisaient
que retarder le moment de faire les enfants».
Le «baby-boom»
est une bonne nouvelle pour les économistes,
qui s'accordent à dire que les enfants dopent
la consommation. «Faire des bébés,
c'est quand même un acte de confiance sur l'avenir»,
ajoute Jean-Paul Fitoussi, directeur de l'Observatoire
français de conjoncture économique (OFCE).«La
+production de bébés+ conduit à
des besoins supplémentaires qu'il faut satisfaire,
il y a un effet sur la consommation». Mais, prévient-il,
«si le pouvoir d'achat stagne, alors que les enfants
coûtent de plus en plus cher, les Français
auront l'impression d'une régression».
Pour l'Etat, c'est «à
long terme une bonne affaire», comme pour «les
régimes sociaux, et pas seulement les régimes
de retraites», estime-t-il, car il y aura «plus
de cotisants». Un optimisme que souhaite tempérer
Danièle Karniewicz, présidente du conseil
d'administration de la Caisse nationale d'assurance
vieillesse (Cnav).Le bilan démographique de l'Insee
«confirme les tendances» dit-elle, mais
«il n'est pas de nature à remettre en cause
les dernières hypothèses du COR (Conseil
d'Orientation des Retraites)».
«Ceux qui naissent
aujourd'hui vont commencer à cotiser à
25 ans» renchérit le président du
COR, Raphaël Hadas-Lebel selon lequel les bons
chiffres de la natalité «ne sauraient remettre
en cause les projections actuelles» sur la question
du financement des retraites. En revanche, la hausse
de l'espérance de vie, plus importante que prévue,
pèsera sur le dossier. Idée reprise par
Hervé Le Bras: «le problème des
retraites, c'est le vieillissement».
source:http://www.agevillage.com/
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