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Père un jour, père toujours

Père un jour, père toujours ?
Par Marie-Christine Tremblay

Le père d'aujourd'hui s'implique de plus en plus auprès de ses enfants, mais la route de la paternité est encore parsemée d'embûches et la lutte des hommes pour la reconnaissance de l'égalité parentale se bute parfois à des préjugés bien enracinés.

La publicité présente les hommes en train de donner le biberon, de changer la couche, de faire la vaisselle ou la lessive, semblant parfaitement à l'aise dans un domaine il n'y a pas si longtemps réservé aux femmes, nageant dans le bonheur d'un univers ouaté. Les médias parlent plutôt de crise de la paternité, de défection des pères et du mal qu'ils ont à se tailler une place dans notre société. Les groupes d'entraide aux pères divorcés témoignent de réalités où le système est souvent responsable du peu de place qu'ils occupent auprès de leurs enfants. Une chose est certaine: le rôle du père a éclaté au cours des dernières années et sa nouvelle définition en est encore à ses balbutiements.

Égalité parentale
De pourvoyeur et dispensateur de l'autorité, le père d'aujourd'hui s'est vu attribuer une place de plus en plus importante en regard de l'éducation, de la socialisation et des soins aux enfants. Dans un sondage SOM effectué en 1998, 56 % des hommes affirmaient s'occuper plus ou beaucoup plus de leurs enfants que leur père ne l'avait fait, 52 % estimait s'occuper de leurs enfants autant que leur conjointe et 85 % effectuaient régulièrement des tâches ménagères. Malgré ce fait, les études réalisées sur les comportements des pères démontrent que la participation aux soins et à l'éducation des enfants semble suivre de près les stéréotypes traditionnels. La participation des pères aux tâches parentales est souvent ponctuelle et sélective, touchant davantage les sphères du jeu et de l'éveil, tandis que les tâches touchant l'entretien des enfants reviennent la plupart du temps à la mère. Il arrive souvent que le père ne se considère pas comme le parent principal qui s'occupe des affaires du ménage et de la famille, et sa participation est souvent régie par les demandes de sa conjointe. Plusieurs phénomènes peuvent expliquer cette situation. Certains préjugés restent tenaces. L'image du pourvoyeur reste associée à celle du bon père de famille et on justifie facilement les absences du père lorsqu'elles sont dues au travail. Le marché du travail offre peu d'occasions d'exercer la paternité. Les congés de paternité sont encore exceptionnels et les absences pour raisons familiales ne sont pas encore entrées dans les moeurs, surtout dans les milieux à forte composition masculine. Encore aujourd'hui, il n'est pas facilement admis qu'un homme s'absente pour accompagner son enfant chez le dentiste ou pour répondre à tout autre besoin de l'enfant. Socialement, la mère est encore perçue comme le parent principal et responsable, ce qui range inévitablement le père au rang d'assistant. De plus, de l'aveu même de certaines féministes, les mères craignent parfois de perdre l'exclusivité dans les relations avec les enfants ou elles exigent que le père reproduise fidèlement leur façon de s'occuper des enfants. Ceci s'ajoutant à cela explique, en partie du moins, le timide engagement des pères dans les affaires familiales. Or, l'égalité parentale dépend fortement d'un partage équitable des tâches reliées à l'éducation des enfants.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

     

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