
Psychologie
masculine du ménage!
Louis-Simon
Ferland
Lorsque Adam et Ève furent chassés du
Paradis terrestre, leur première chicane fut
évidemment à propos du partage des tâches
ménagères. Des siècles et des
siècles plus tard, la guerre du porte-poussière
n’est toujours pas terminée.
Les hommes et les femmes ont des vues différentes
sur une foule de sujets, mais jamais autant que sur
leur perception du ménage. Et le coefficient
de difficulté augmente avec les années,
surtout quand arrivent les enfants. Posez la question
à un couple au hasard : « Y’a-t-il
équité ménagère chez vous?
». Non, répondront les femmes. Et après
hésitation, la plupart des hommes vous diront
« Mouais, c’est à peu près
égal ». Un monde nous sépare.
Mesdames, je vous offre aujourd’hui un cadeau
qui n’a pas de prix. Je vous dévoile
l’essence même de la psychologie masculine
face au ménage. Notez que ces secrets sont
le fruit d’une longue étude sociale et
n’impliquent en rien l’auteur de ces lignes...
Voyons d’abord quelques notions de base.
Le premier choc
Dans une nouvelle relation, les premières semaines
permettent au mâle de tester les limites ménagères.
Il testera différentes situations et en notera
l’impact sur sa douce moitié. Un sous-vêtement
qui traîne : froncement de sourcil. Une assiette
oubliée dans un salon : remarque acide. Des
gouttes sur le siège de toilette : Une crise.
La bonne volonté
Après le test négatif, il est temps
de mesurer les avantages de la coopération.
L’homme va donc participer activement aux principales
tâches et là aussi en mesurer l’impact
positif. Et comme bien sûr, la femme ne remarquera
pas cet effort, l’homme va juger que ça
n’en vaut pas la peine. Et c’est le début
d’une longue guerre de tranchées…
La loi du moindre effort
Mesdames, dites-vous que s’il existe une façon,
aussi compliquée, aussi tordue soit-elle, de
se sauver d’une tâche fastidieuse, un
homme l’a déjà essayée.
Dans un couple adepte du ménage « au
besoin », l’homme réussira facilement
à contourner l’équité en
choisissant ses tâches préférées
et en exagérant leur importance. Ainsi, l’arrosage
de l’asphalte ou le classement des tournevis
deviennent à ses yeux aussi importants que
l’aspirateur ou le nettoyage du four.
Certaines femmes méthodiques exigent une liste
de tâches pré-déterminées.
Elle s’occupe de la lessive, des planchers,
etc. Lui se charge de la balayeuse, des poubelles,
de la pelouse, et ainsi de suite. Les hommes qui ont
accepté cette entente sont pris au piège,
car il est alors beaucoup plus difficile de tricher
impunément. Dieu merci, il existe des trucs
qui ont traversé les générations
et qui se transmettent génétiquement
d’homme à homme.
De plusieurs maux, choisir le moindre
Remettre au lendemain comporte de nombreux avantages.
L’homme peut alors se constituer une banque
de tâches dans laquelle il choisit la moins
terrible. Il repousse ainsi les pires corvées,
et espère qu’à moyen terme la
femme abandonne. « Non, chérie, pas le
temps pour laver la salle de bain, je dois tailler
la haie. Pas le temps pour laver les vitres, je dois
absolument faire le ménage du garage ».
Et ainsi de suite.
Le truc du conjoint avenant
L’homme rusé peut facilement se sauver
des tâches ingrates en détournant l’attention
de sa douce par une faveur. Par exemple, poser enfin
les nouveaux rideaux tant attendus pourra facilement
lui épargner de participer au grand époussetage
de la maison. Et annoncer avec enthousiasme qu’il
ira coucher les enfants augmente ses chances de ne
pas leur donner le bain.
Le distrait
Truc simple et peu efficace, qui consiste à
ne pas voir la vaisselle qui traîne, le linge
éparpillé, le tapis de poussière
et les traces noires sur les portes d’armoires
blanches. Utile seulement pour gagner du temps.
La victime
Il s’agit pour l’homme de combiner toutes
les excuses possibles pour se faire prendre en pitié
et obtenir un sursis. Grippe d’homme, dure semaine
au bureau, élimination des Canadiens, tout
peut servir.
Le principe des points « Air lousses »
L’expression vient d’un ami à moi,
et fonctionne comme des « Air miles ».
L’homme profite d’un accès de motivation
pour entreprendre un projet exigeant, et ainsi se
négocie la paix pour une période déterminée.
Ainsi, 100 points équivalent à une semaine
sans corvées. Refaire le paysagement : 500
points. Finir le sous-sol : 1 000 points. Rénover
la cuisine :1 500 points.
Voilà, vous savez maintenant tout (ou presque)
sur la psychologie masculine du ménage. Que
les hommes ne m’en veulent pas trop pour cette
trahison. Car tout compte fait, retenons ceci : souvent,
les efforts déployés pour éviter
le ménage sont pas mal plus exigeants que la
tâche elle-même.
Allez, bon aspirateur!
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