Le
stress: ami ou ennemi?
Par
Lise Millette
Le stress existe. Il est naturel et
inévitable. Notre façon de le vivre,
elle, peut être modifiée, et cet ennemi
devenir notre allié.
«Chaque personne a son propre
style de gestion du stress. Il s'agit d'un ensemble
de stratégies personnelles qui constituent
la manière habituelle de faire face aux différentes
situations problématiques de la vie»,
affirme Bruno Fortin, psychologue en milieu hospitalier.
Notre environnement y est pour beaucoup
L'environnement dans lequel se trouve l'individu compte
pour beaucoup dans la capacité d'absorption
du stress. «Le stress est un processus qui évolue,
impliquant un effort d'adaptation. Heureusement, il
est possible d'adopter des attitudes positives face
au stress, comme la recherche d'un bon entourage,
s'accorder des moments de repos, nuancer ses opinions
et éviter les commérages inutiles»,
poursuit Bruno Fortin.
Écouter notre organisme
Un autre psychologue, Jean Garneau, suggère
de prendre conscience des messages de l'organisme.
La tension, l'anxiété, la fatigue, le
manque de concentration sont des réactions
qui doivent être prises au sérieux. Il
s'agit d'indicateurs qui nous signalent que notre
situation manque d'équilibre.
Selon Jean Garneau, la gestion du
stress passe par l'expression un pas dans la bonne
direction pour en arriver à une solution durable.
«Il s'agit, du coup, de bien comprendre les
enjeux et non seulement de les subir», ajoute-t-il.
Il faut jouir du stress
Plusieurs spécialistes du stress font valoir
une autre notion: celle du plaisir. Puisque le stress
est une stimulation, l'un des objectifs serait de
jouir de cette intensité où tous les
sens sont en émoi. Prenons en exemple un courtier
en Bourse qui s'affaire à d'importantes transactions.
Il sera visiblement stressé par cette activité,
mais lorsque la vente sera conclue, il en retirera
une satisfaction bienfaisante, même chose pour
l'enseignante qui, après une séance
épuisante, voit que ses étudiants ont
saisi les notions qu'elle souhaitait leur transmettre.
La situation oppressante doit normalement
devenir intéressante, stimulante, chargée
d'un plaisir intense. Utiliser le degré de
plaisir comme critère constitue un moyen sûr
de déterminer si le stress est vécu
de façon positive. Dans le cas contraire, mieux
vaut alors s'interroger sur la pertinence du stress
vécu. Vaut-il vraiment la peine ou si on ne
devrait pas mieux réorienter son mode de vie?
Le stress prolongé: des maux
indésirables
Un stress prolongé et mal géré
fait rapidement place à une gamme impressionnante
de symptômes allant des maux de tête,
à l'insomnie en passant par l'hypertension
artérielle, l'accélération de
la fréquence cardiaque et les ulcères
d'estomac.
Comme il s'agit d'une réaction
du corps inévitable, «le but n'est pas
d'abolir complètement le stress et de l'évacuer
définitivement de notre vie. Cela ne serait
ni possible, ni souhaitable. Il s'agit de développer
nos habiletés à le ramener à
un niveau tolérable et à faire ce que
nous souhaitons malgré la présence d'un
certain stress», de conclure le psychologue
Bruno Fortin.
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