


Notion de belle- famille
La belle-famille est acquise par alliance. Nous ne parlerons
pas de la famille recomposée mais de la famille d’origine
du conjoint ou du compagnon. Nous avons déjà une
famille, dans laquelle nous sommes nés. En nous mettant
en couple nous en acquérons une deuxième. Cela ne
me semble pas si évident. Tout au début de l’histoire,
il y a la constitution du couple. Si la relation dure, vient le
jour fatidique de la rencontre avec la belle-famille et cela se
passera plus ou moins bien.
Dans l’imagerie populaire, les belles-mères sont
des mal-aimés. Idée répandue d’un amour
spécial mère-fils (Sigmund Freud). Après
avoir enfanté de son fils dans la douleur (adage biblique),
la mère se séparera de lui dans la douleur pour
le confier à une autre femme. Ces clichés sont alimentés
par des femmes : l’écrivain Christiane Collange se
définit par exemple comme une belle-mère «
absolue » (elle parle de la rivalité belle-mère/bru
et donne des conseils pour faire le deuil de la relation parfaite
mère-fils). Des auteurs scientifiques évoquent la
bonne distance bru/beaux-parents, qui passe par l’appellation
(cela ne va pas de soi). Une sociologue (Clotilde Lemarchant,
in «Belles-filles, avec les beaux-parents, trouver la bonne
distance», PUF, 1999) a interrogé 90 femmes à
ce sujet : certaines utilisent le prénom des beaux-parents,
d’autres le terme favori des enfants («papy, mamie,
pépé, mémé») ou alors un formel
«Monsieur/Madame». Parfois la gêne est telle
que la bru/gendre évite de s’adresser directement
aux beaux-parents («je ne peux pas l’appeler maman/papa»).
La famille d’alliance est une famille rajoutée (la
«pièce rapportée»), mais l’arrivée
des enfants et leur médiation permet de créer une
certaine familiarité, en donnant une dimension affective
au lien bru/gendre et beaux-parents. La difficulté à
nommer les beaux-parents vient aussi du trouble sémantique
du mot français belle-famille (famille d’origine
du conjoint ou famille recomposée) qui n’existe pas
dans d’autres langues. On retrouve cependant dans plusieurs
langues le sens de courtoisie, de respect attaché au mot
«belle» famille. Les mots utilisés révèlent
la vision que nous avons du monde. La mise en couple inclut chaque
conjoint dans les liens familiaux de l’autre et cela se
passera plus ou moins bien, avec des échanges (objets ou
remarques) qui peuvent créer des contraintes (cadeaux empoisonnés),
amplifiées par les comptes qui peuvent n’avoir pas
été réglés avec ses propres parents.
Typologie des belles- mères (on se focalise sur la femme)
: belle-mère copine (tutoiement spontané), belle-mère
idéale (la mère dont on a rêvé), belle-mère
traditionnelle (une certaine distance), belle-mère possessive/envahissante
(se mêle de tout), belle-mère rejetante (sens du
clan familial très développé, infantilisante),
belle-mère distante…
Quelques principes sont nécessaires:
Bon réglage de la distance, ne pas mettre son conjoint
en porte-à-faux, faire preuve de tolérance et négocier
un modus vivendi avec la famille du conjoint, penser au bien des
enfants, qui s’adaptent très bien… Parfois,
les deux partenaires du couple se sont mutuellement choisis pour
se soutenir dans leur travail respectif de différenciation
d’avec leurs familles respectives, pour s’en séparer,
chacun déléguant à l’autre la tâche
de régler le contentieux qu’il n’arrive pas
à régler avec sa propre famille.


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