
Les
étapes de l’apprentissage du langage

De
la naissance à 3 mois
Les
bébés sont attirés par le changement. Aussi,
une voix dont la fréquence varie constamment entre le grave
et l’aigu, par opposition à une voix monocorde (du
genre robot), présente davantage d’attrait pour le
nouveau-né. En modulant sa voix de façon exagérée,
l’adulte s’assure ainsi d’attirer l’attention
de l’enfant auquel il s’adresse. Ce faisant, il aide
l’enfant à acquérir le tour de rôle,
une des bases nécessaires à toute communication.
Même à ce stade préverbal, l’enfant
à la capacité de répondre à l’initiative
de l’adulte, d’abord en établissant un contact
visuel, puis éventuellement au moyen d’un geste,
d’un sourire ou d’un gazouillis. Ainsi, dès
la naissance, les précurseurs de la communication commencent
à se développer chez l’enfant
•
il regarde avec intérêt autour de lui
• il est attiré par les mouvements des personnes
• il regarde attentivement les visages
• il répond aux sourires en souriant
• il aime être porté et caressé
Il s'amuse avec ses mains et ses doigts et aime les jeux avec
les mains
De
3 à 6 mois
•
il sourit, vous regarde dans les yeux et rit
• il aime être tenu de façon à pouvoir
observer ce qui se passe autour de lui
• il rit quand il voit approcher des doigts prêts
à la chatouiller
• il tourne le regard vers une source de lumière
clignotante
• il perçoit les vibrations de la sonnerie du téléphone
ou de la porte
• il est attiré par le mouvement d'objets colorés
Il s'amuse avec ses mains et ses doigts et il aime les jeux avec
les mains
De
6 à 9 mois
•
il aime babiller avec ses mains, p. ex. en ouvrant et fermant
les mains à répétition sans mouvements correspondants
des jambes
• il tourne la tête pour localiser des corps en mouvement
et observer les signes utilisés pour communiquer
• il regarde les objets familiers et les membres de la famille
quand on les nomme en LSQ
Il comprend des mots simples en LSQ
De
9 à 12 mois
•
il commence à babiller avec ses mains, p. ex. en utilisant
des formes variées
• il commence à utiliser certains mouvements simples
avec ses mains, comme pointer tout droit, en haut ou en bas
• il montre des objets et se montre lui-même
• il fait ses premiers signes en LSQ en utilisant des formes
de la main simples comme MON, PLUS, LAIT et MAMAN
Il possède un vocabulaire de 10 signes
De
12 à 18 mois
Autour
d’un an apparaissent habituellement les premiers mots. Ces
derniers sont multifonctionnels, c’est-à-dire qu’ils
représentent habituellement un concept beaucoup plus large
que leur équivalent dans le langage adulte et sont utilisés
dans des buts variés. Par exemple, le mot lait pourra en
plus de son contenu laitier, décrire le biberon, le gobelet
ou le verre. Énoncé avec une intonation impérative,
il sert également à exprimer un besoin (j’ai
soif, apporte-moi mon lait!).
De l’apparition des premiers mots jusqu’à celle
des premières associations de deux ou trois mots, on pourra
donc aider l’enfant à enrichir son vocabulaire en
lui présentant des situations variées, en lui racontant
des histoires simples et en jouant avec lui. Vous pouvez aussi
lui montrer des livres du style abécédaire ou imagier.
Encore une fois, il faut considérer la contextualisation.
Présenter une image de chien en disant «c’est
un chien» c’est bien, mais faire un commentaire pour
mettre cette image en contexte, et en profiter pour questionner
l’enfant et le faire élaborer sur le sujet, c’est
encore mieux.
Il ne faut pas hésiter à utiliser le mot juste lorsqu’on
s’adresse à l’enfant, même si sa prononciation
est difficile pour l’instant. Ce n’est pas parce que
l’enfant dit «toto» qu’il ne comprend
pas le mot auto, et le parent qui persiste à utiliser le
mot toto lorsqu’il joue avec l’enfant ne l’encourage
pas à modifier sa prononciation. Si l’enfant fait
une erreur, ne pas insister pour le faire répéter
mais plutôt reprendre le mot mal prononcé et l’inclure
dans un énoncé selon la technique de l’expansion.
Voyons par exemple:
Enfant: Toto
Parent: Ton auto a fait un accident. Est-ce qu’elle est
cassée?
Enfant: Toto cassée
•
il commence à combiner des mots simples en LSQ pour faire
des phrases de deux mots, comme MANGER PLUS, TOMBER MAL
• il utilise le toucher et les gestes pour attirer votre
attention et communiquer ses besoins
• il pose des questions comme :
o OUI ou NON en soulevant les sourcils et en faisant le signe
« mon » pour demander : « Est-ce à moi?
»
o QUOI ou OÙ en fronçant les sourcils
• il montre du doigt et peut faire le signe de certaines
lettres de l'alphabet
• il utilise la négation - en hochant simplement
la tête ou en combinaison avec le signe « non »
ou « peut pas »
Il utilise jusqu'à 40 signes mais en comprend beaucoup
plus
De
18 à 24 mois
•
à 18 mois, il utilise 20 mots ou plus en LSQ
• il combine deux mots ou plus en LSQ comme « bain
en haut », « au revoir papa » « poussette
dehors », « bébé pleure »
• il se désigne lui-même et les autres en langage
gestuel/li>
• il commence à raconter des histoires reliées
à ce qu'il vit
• il adore les histoires en LSQ et les histoires racontées
dans les livres
• il imite les gestes et expressions faciales des personnages
d'une histoire
• il attend son tour lorsqu'il « converse »
avec vous
À 24 mois, il peut avoir un vocabulaire de plus de 200
mots
• Le système phonologique d’un enfant de 24
mois comporte de 9 à 10 consonnes.
• Les p, b, t, d, k, g, m, n, apparaissent avant les autres
consonnes.
• Les voyelles doubles et les groupes de consonnes mettent
du temps à s’installer.
• Les voyelles sont bien articulées dès l’âge
de deux ans.
• Les mots composés d’une consonne, d’une
voyelle, d’une consonne et d’une voyelle sont produits
aisément.
Dès l’âge de trois ans, l’enfant
réussit à prononcer tous les sons mais éprouve
encore quelques difficultés avec les sons s, z, ch, j,
r et les groupes de consonnes
Un enfant de quatre ans utilise la plupart du
temps un langage proche de celui des adultes
À partir de 5 ans
Les
questions introduites par qui, qu’est-ce que et où
sont parmi les premières à être comprises
par l’enfant. Ce n’est que plus tard dans son développement
qu’il pourra vraiment comprendre les questions introduites
par quand, comment et pourquoi. D’ailleurs, l’enfant
saisira assez rapidement la puissance de ce type de mot pour prolonger
(parfois indéfiniment) l’échange communicatif.
C’est la fameuse période des pourquoi qui, bien qu’elle
prenne parfois l’apparence d’une épreuve destinée
à mesurer la patience du parent, n’est en fait qu’un
effort un peu maladroit de la part de l’enfant pour poursuivre
la conversation.
Il
ne faut surtout pas conclure trop rapidement à un retard
de langage. L’enfant apprend à son rythme. Il est
tout de même important d’accorder une attention particulière
à l’enfant qui manifeste une certaine lenteur. Il
aura peut-être besoin d’appuis et le plus tôt
sera le mieux.
Sources : http://www.cfcs.gov.on.ca
Et
: http://www.petitmonde.com
: Geneviève Lemieux, orthophoniste

Laisser
un commentaire