
Les
bébés sont naturellement altruistes :
Un
chercheur allemand (felix Warnecken) est parvenu par hasard à
cette conclusion en faisant une étude avec des jeunes enfants
sur le développement cérébral des touts petits.
En train détendre son linge, il laissa tomber une pince
à linge par terre devant une 20e de bébés.
Un bébé de 18 mois a alors entrepris des efforts
considérables pour lui rendre l’objet.
Le scientifique a alors réitéré l’expérience,
constatant qu’a chaque fois, les 24 petits se précipitaient
pour l’aider. Mais uniquement s’il donnait l’impression
d’avoir besoin d’aide. Il a pris soin de ne pas les
récompenser afin de ne pas les conditionner.
L’altruisme c’est la capacité à venir
en aide à son prochain sans attendre une quelconque gratification.
Pour être altruiste, l'enfant en bas âge doit avoir
la capacité cognitive de comprendre les objectifs d'autrui
mais aussi de posséder ce que Warneken qualifie de «motivation
pro-sociale», autrement dit un désir de socialisation.
«Lorsque ces deux éléments apparaissent chez
l'enfant, ce qui est le cas à 18 mois et peut-être
même plus tôt, il est capable d'aider», explique
l'auteur de l'étude.
Si cette propension est observable chez le tout-petit, elle reste
propre à l'humain, aucun animal n'étant altruiste
comme peut l'être l'homme.
Le
sens des autres s’exprime à travers différents
phénomènes psychologiques, comme la projection,
l’identification, l’empathie ou encore l’altruisme,
qui sont tous des facettes essentielles de notre vie psychique.
La plupart des théories du développement humain
ont présenté les nouveau-nés comme des isolats
sociaux, dénués d’un lien intersubjectif entre
soi et l’autre. Or les deux dernières décennies
de recherche en psychologie du développement bouleversent
totalement ces théories. Nous savons maintenant que les
bébés sont dès la naissance attirés
par les stimuli sociaux (visage, odeur, voix de leur mère
en particulier).
De nombreuses recherches ont montré que les bébés
manifestent une sensibilité particulière aux actions
humaines, et ils ont une aptitude innée à établir
des équivalences entre soi et l’autre, comme cela
a été montré en outre par la découverte
de l’imitation néonatale. Dès la naissance,
les bébés ont la capacité à sélectionner
dans leur répertoire comportemental et de manière
appropriée, c’est-à-dire liée au modèle
humain à imiter, des mouvements des lèvres et de
la langue, de la main, de la tête mais aussi trois expressions
émotionnelles (surprise, peur et joie). Il ne s’agit
pas d’un réflexe, comme on l’a longtemps cru,
mais d’un comportement intentionnel.
L’imitation est importante et même essentielle pour
le développement de l’intersubjectivité parce
que c’est la première opportunité pour les
bébés d’établir un lien entre les autres
(qu’ils perçoivent) et leurs propres états
internes (qu’ils ressentent).
Les
bébés ont des attentes envers les autres personnes,
qu’ils n’ont pas pour les objets inanimés.
Par exemple, les nouveaux nés sont surpris et contrariés
par la perception d’un visage impassible. Les études
conduites par Jeffrey F. Cohn, de l’université de
Pittsburg, et Edward Z. Tronick, de l’université
Harvard en 1982, en utilisant cette procédure,démontrent
que le bébé de trois mois teste tout d’abord
l’authenticité du visage impassible par des grimaces
destinées à faire réagir sa mère,
puis, devant la persistance du comportement impassible, détourne
le regard, se retire de l’interaction sociale, devient très
négatif , parfois même de la colère, et peut
mettre plusieurs minutes pour accepter.
Les enfants naissent équipés d’une capacité
à voir les autres comme des personnes, et non des objets.
Les enfants, dès la naissance, ont une vie subjective et
un sens du soi bien avant l’apparition du langage et de
la conscience réflexive.

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