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Coté psychologique :

Que veut dire psychologie ?
" psychologie " vient du grec " psukhê " qui signifie âme et " logos " qui veut dire science.
La psychologie, c'est l'étude scientifique des faits psychiques qui désignent l'ensemble des manières de penser, des sentiments, des états de conscience. C'est une science récente, dérivée de la philosophie il y a un siècle et qui s'appuie sur l'observation des comportements humains, les expériences, les statistiques et les modèles mathématiques pour développer ses modèles théoriques.
La psychologie expérimentale dont le but est la découverte des lois générales qui règlent le comportement humain s'est divisée
La croissance mentale est indissociable de la croissance physique c'est à-dire que le développement intellectuel est directement lié au développement moteur. Ainsi, le nourrisson qui ne peut encore bouger de son berceau seul, a une exploration restreinte du monde extérieur; il est donc limité dans sa façon de penser et de concevoir le monde en raison des limites de ses propres actions.
Enfin, cette évolution intellectuelle dépend aussi des influences du milieu (attentions et stimulations apportées par son entourage: famille, école, et mode de vie: voyages, déménagements etc ...
Un chercheur et psychologue suisse nommé Jean Piaget, a étudié longuement les comportements des enfants en observant leurs réponses dans des situations précises. A partir de ses nombreux travaux, il a défini les différentes étapes du développement intellectuel et moteur.
Nous en décrirons les étapes essentielles


LE NIVEAU SENSORI-MOTEUR (DE 0 à 18 MOIS)

C'est la période de développement avant le langage.
On peut l'appeler période " sensori-motrice " car au tout début de sa vie, le nourrisson ne présente encore ni pensée, ni affectivité (sentiment) liée à des représentations permettant d'évoquer des personnes ou les objets en leur absence. Il n'a pas encore de mémoire.
A ce stade c'est un petit être qui est relié à sa mère, qui mange et dort souvent, et qui vit dans la sensation de plaisir. En cas d'inconfort, il pleure pour exprimer son insatisfaction.
Sur le plan physique, il grandit vite puisqu'il va doubler sa taille durant la première année
En résumé, cette première période appelée sensori-motrice, conduit l'enfant à une structuration de l'univers restreinte à un niveau pratique; l'intelligence sensori-motrice organise le réel en construisant les grandes catégories de l'action qui sont les schèmes de l'objet permanent, de l'espace, du temps et de la causalité. Ce sont les substructures de ces futures notions.

Au cours des 18-24 premiers mois s'effectue une sorte de " révolution " dans l'esprit de l'enfant; plus exactement une décentration générale par rapport à lui-même, telle que l'enfant finit par se situer comme un objet parmi les autres en un univers formé d'objets permanents, structuré de façon spatio-temporelle et siège d'une causalité à la fois spatialisée et objectivée dans les choses.


LA FONCTION SYMBOLIQUE OU LA PENSEE PREOPERATOIRE

A la fin de la période sensori-motrice, vers 1 à 2 ans, l'enfant a acquis une expérience suffisante ( gestes, déplacements, marche, et paroles) pour que ses imitations généralisées deviennent une imitation différée.
Il devient capable de se représenter des situations en jouant à faire semblant de ... Il joue à être un chat en se mettant à quatre pattes et en imitant le cri de l'animal même quand le chat n'est plus présent. L'enfant a construit une représentation mentale et l'imitation n'est plus seulement différée mais intériorisée.

A ce stade, l'enfant utilise des symboles pour jouer, parler (il apprend à s'exprimer en imitant et répétant les adultes qui l'entourent) et pour construire sa propre représentation du monde réel. Il est encore trop petit pour s'adapter au monde social des aînés, dont les intérêts et les règles lui restent extérieurs, et à un monde physique qu'il comprend encore mal. Aussi pour satisfaire ses besoins affectifs et intellectuels, il dispose du jeu qui transforme le réel par assimilation aux besoins du moi (lui-même) et de l'imitation qui est accommodation plus ou moins pure aux modèles extérieurs.

De 2 à 7 ans, l'enfant continue son développement intellectuel et sa compréhension du monde par le jeu symbolique, l'imitation , le langage , le dessin (en traçant ses images mentales) et plus tard l'apprentissage de l'écrit (écriture/lecture).

Le jeu symbolique

Il marque l'apogée du jeu enfantin entre 2-3 et 5-6 ans. L'enfant, pour comprendre et assimiler le réel qui l'entoure, a besoin de revivre certains évènements au lieu de se contenter d'une évocation mentale (souvenir simple).
Par exemple, une petite fille en vacances avec ses parents pose plusieurs questions sur le mécanisme des cloches en voyant un vieux clocher de village. Plus tard, elle se tient immobile et debout à côté de la table de son père en faisant un bruit assourdissant. " Tu me déranges un peu, tu sais, tu vois je travaille " lui dit son papa. " Me parle pas, répond la petite, je suis une église ". Le souvenir et la compréhension de ce qu'elle a vu, l'église, passe par une interprétation du corps entier.
Mais ce sont surtout les conflits affectifs qui apparaissent dans le jeu symbolique. Par exemple, s'il se produit une petite scène banale au déjeuner, on peut être sûr qu'une ou deux heures après, le drame sera reproduit dans un jeu de poupée et surtout mené à une solution plus heureuse, soit que l'enfant applique à sa poupée une pédagogie plus intelligente que celle des parents, soit qu'il intègre dans le jeu ce que son amour-propre l'empêchait d'accepter à table (comme finir l'assiette de potage jugé détestable, surtout si c'est la poupée qui l'absorbe symboliquement).
De façon générale, le jeu symbolique peut servir ainsi à la résolution de conflits, mais aussi à la compensation de besoins non assouvis, à des renversements de rôles (obéissance/ autorité), à la libération et à l'extension du moi.

Le dessin :

Il nous renseigne beaucoup sur les représentations de l'enfant et son rapport au monde extérieur. Jusque vers 8-9 ans, le dessin est essentiellement réaliste d'intention : l'enfant commence à dessiner ce qu'il sait d'un personnage ou d'un objet bien avant d'exprimer graphiquement ce qu'il voit. Il y a une correspondance entre le dessin et l'image mentale qui est elle aussi conceptualisation avant d'aboutir à de bonnes copies perceptives.

On appelle " réalisme fortuit " l'étape du gribouillage avec signification découverte en cours de route.
Puis vient le " réalisme manqué " quand les éléments du dessin sont juxtaposés au lieu d'être coordonnés dans un tout : chapeau bien au-dessus de la tête ou des boutons à côté du corps. Le bonhomme, qui est l'un des dessins les plus dominants au départ, passe d'ailleurs par un stade très intéressant: celui des "bonhommes-têtards " où n'est figurée qu'une tête munie de jambes filiformes, ou munie de bras et de jambes mais sans tronc.

Puis vient la période essentielle du " réalisme intellectuel " où le dessin représente assez bien les attributs conceptuels du modèle mais sans soucis de perspective visuelle. Ainsi un visage vu de profil aura un second oeil parce qu'un bonhomme a deux yeux ou qu'un cavalier aura une jambe vue à travers le cheval en plus de la jambe visible.

Vers 8-9 ans par contre, à ce " réalisme intellectuel " succède un " réalisme visuel " qui présente 2 nouveautés. La perspective est maintenant respectée ( on ne verra ainsi que le sommet d'un arbre derrière une maison et non plus l'arbre entier) et le dessin tient compte de la disposition des objets selon un plan d'ensemble (axe et coordonnées) et de leurs proportions métriques.
Dès 9-10 ans, la moyenne des enfants devient capable de tracer d'avance le niveau horizontal que prendra l'eau dans un bocal auquel on donne diverses inclinaisons ou la ligne verticale du mât d'un bateau posé sur cette eau.

Le langage

Celui-ci débute par une phase de lallation spontanée (commune aux enfants de toutes les cultures de 6 à 10-11 mois) et une phase de différenciation de phonèmes par imitation (dès 11-12 mois), par un stade situé à la fin de la période sensori-motrice et qu'on décrit comme " mots-phrases ". Ces mots uniques peuvent exprimer tour à tour des désirs, des émotions ou des constatations.

Dès la fin de la seconde année, apparaissent des phrases à deux mots, puis des petites phrases complètes sans conjugaison ni déclinaisons, et ensuite une acquisition progressive de structures grammaticales. L'enrichissement du vocabulaire se passe vite si l'entourage participe à la description de l'environnement et si l'on stimule l'enfant à s'exprimer. Là encore, l'enfant procède beaucoup par imitation.
Le langage joue un rôle particulièrement important car il est le véhicule de la pensée et nous permet de rendre compte des représentations de l'enfant qui apprend.

En conclusion, à la fin de cette période pré-opératoire (7-8 ans) l'imitation, le jeu symbolique, le dessin, l'image mentale, le langage ont été de précieux outils pour exprimer la pensée, et pour préparer l'enfant à une meilleure représentation du monde réel; néanmoins, ils ne se développent ni ne s'organisent sans le secours constant de la structuration propre à l'intelligence


La formation des opérations " concrètes "

On distingue 3 niveaux du passage de l'action à l'opération:
- Le niveau sensori-moteur d'action directe sur le réel jusqu'à 18 mois-2 ans.
- Un niveau intermédiaire, en progrès sur l'action immédiate mais l'enfant n'est pas encore capable de donner une représentation parfaite de ses actions.
- Le niveau des opérations, dès 7-8 ans, qui portent enfin sur des actions intériorisées et groupées en systèmes cohérents et réversibles (réunir et dissocier, additionner et soustraire, multiplier et diviser etc...)

Exemples: Dès 1 1/2 à 2 ans, l'enfant est en possession d'un groupe pratique de déplacements qui lui permet de s'y retrouver, avec retours et détours dans sa maison ou son jardin (stade sensori-moteur).

Vers 4-5 ans, il est possible de demander à un enfant de faire seul un trajet de 10 minutes de la maison à l'école et inversement. Mais si on lui demande de représenter ce trajet à l'aide d'un ensemble de petits objets tridimensionnels en carton (maison, église, rues, etc ... ) ou d'indiquer le plan de l'école telle qu'on la voit par l'entrée principale, il n'arrive pas à reconstituer les relations topographiques qu'il utilise sans cesse en action. A cet âge, ses souvenirs sont en quelque sorte moteurs et n'aboutissent pas à une reconstitution correcte (stade pré-opératoire).

C'est vers 4-5 ans qu'un enfant saura désigner sa main " droite " et sa main " gauche ", sachant utiliser ces notions sur son corps, il mettra 2 ou 3 ans encore à comprendre qu'un arbre vu sur la droite du chemin à l'aller se trouve sur la gauche au retour, ou que la main droite d'un personnage assis en face de l'enfant se trouve sur sa gauche à lui. Et il mettra encore plus de temps à admettre qu'un objet B situé entre A et C puisse être à la fois à droite de A et à gauche de C.

Pour passer progressivement de l'action à l'opération l'enfant doit reconstruire sur le plan mental ce qui était déjà acquis en action. Ainsi, il progresse d'un état initial où tout est centré sur le corps et l'action propres à un état de décentration par lequel il pourra imaginer, et anticiper les objets et les évènements repérés dans l'univers.
Enfin, c'est le langage qui va permettre à l'enfant non seulement d'évoquer mais surtout de communiquer ses représentations (langage verbal et gestes, jeux symboliques ...) .

Le niveau des opérations, dès 7-8 ans, porte également sur des transformations du réel, mais par des actions intériorisées et groupées en systèmes cohérents et réversibles (réunir et dissocier). L'enfant, à cet âge, devient capable de comprendre qu'une opération n'est jamais isolée mais coordonnable en système d'ensemble (à la réunion correspond la dissociation, à l'addition la soustraction, etc ... ). Ces
opérations ne sont plus propres à un individu mais communes à tous les
individus. L'enfant améliore ainsi son raisonnement en se décentrant moralement et socialement.
A ce stade, l'enfant apprend toujours beaucoup par le jeu et ce qui change c'est l'introduction de jeux de règles (billes, marelle ... ) qui se transmettent socialement d'enfant à enfant et augmentent donc d'importance avec le progrès de la vie sociale de l'enfant. Enfin, à partir du jeu symbolique se développent des jeux de construction qui tendent par la suite à constituer de véritables adaptations (constructions mécaniques etc ... ) ou solutions de problèmes et créations intelligentes.

 

LA PENSEE FORMELLE

C'est le stade de la pré-adolescence entre 11 et 15 ans.
L'enfant parvient à se dégager du concret et à situer le réel dans un ensemble de transformations possibles. C'est l'âge des grands idéaux ou du début des théories, en plus des simples adaptations présentes au monde réel. Le développement intellectuel se poursuit par une transformation de la pensée qui devient plus abstraite.

Source : http://cm1cm2.ceyreste.free.fr/

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