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Aptitudes et fonctions

Les aptitudes motrices innées

L'observation du développement moteur des enfants, quel que soit le mode culturel de stimulation, met en évidence certaines constantes : l'enfant tient (sauf exception) assis avant de tenir debout. Ces constantes laissent à penser que cette prise de contrôle de la motricité ne peut être construite qu'à partir de potentialités innées qu'il fallait mettre en évidence.. Ces items étaient des étapes que l'enfant franchissait à un âge moyen: assis sans appui = 9 mois, debout = 12 mois, marche libre = 15 mois.

Des auteurs ont mis en évidence l'existence de réponses dites réflexes que l'enfant présente dès la naissance. Une des caractéristiques de ces réflexes est de disparaître à un âge donné de l'enfant, âge variant de quelques semaines à 7 mois. Leur présence ainsi que leur disparition dans la fourchette d'âge donné par les études statistiques est considérée par certains auteurs comme un signe de validité de l'état moteur de l'enfant.
à partir de 1981, Michel Le Métayer a cherché à décrire d'autres bases à la motricité du jeune enfant : ce sont les aptitudes motrices innées, non appelées à disparaître, qui constituent, elles aussi, un potentiel organisé à partir duquel le nourrisson peut construire sa motricité. L'étude de ces aptitudes innées a permis de mettre en évidence diverses fonctions qui servent de fondation à toute activité motrice, ce sont : les fonctions posturales antigravitaires; les fonctions locomotrices; les fonctions cinétiques


Les fonctions posturales antigravitaires

– La fonction de soutien : elle décrit comment, à partir d'un point d'appui (sol, table, main de l'examinateur), l'enfant va développer une réponse motrice organisée, modulée dans son intensité, dans la répartition des contractions musculaires, afin de réagir activement contre la pesanteur.
Exemple : si l'on place le nourrisson debout, au bord de la table, l'enfant prend appui sur ses pieds et maintient cet appui tant que le poids de son corps s'exerce sur ses pieds.

– La fonction de maintien : le nourrisson présente déjà cette aptitude de pouvoir maintenir une partie de son corps en suspension au-dessus du vide. Exemple : couché sur le côté, l'enfant peut maintenir le membre inférieur supérieur au dessus du plan du lit, sans contact avec celui-ci. Il faut souligner combien cette fonction de maintien postural est intriquée avec la fonction de soutien. Ce n'est en effet qu'à partir de l'appui (soutien) que le maintien peut se développer et être fonctionnel.

– La fonction de redressement : elle correspond à l'ensemble des contractions musculaires organisées qui permet l'élévation ou l'abaissement d'une partie du corps. Exemple : dans le passage couché-assis en appui sur un bras, le tronc se redresse activement vers la station assise.

– La fonction d'équilibration : cette fonction permet au corps de réagir et de s'adapter au changement de position d'une autre partie du corps. Exemple : l'enfant à califourchon sur notre cuisse, l'inclinaison de son bassin à droite ou à gauche entraîne une incurvation compensatrice de son tronc vers la gauche ou vers la droite. Cette réaction motrice dure aussi longtemps que dure la stimulation appliquée au bassin.


Les fonctions locomotrices

Ce sont des programmes moteurs s'enchaînant automatiquement à partir de données proprioceptives (perception des parties du corps dans l'espace). Exemple : la reptation : placé en position de reptation en appui sur le flanc gauche, l'enfant, percevant le mouvement de propulsion induit par l'examinateur (appui du genou, extension-dérotation de la hanche vers la rotation interne), développe un enchaînement moteur qui l'amènera en position inverse de celle de départ, c'est-à-dire en appui sur le flanc droit, le membre inférieur gauche élevé en flexion, abduction, rotation externe


Les aptitudes motrices volontaires

Elles concernent la commande du geste en vue d'une activité motrice fine ou orientée vers un but. Nous venons de voir que, quelle que soit la position prise par l'enfant ou bien imposée par l'examinateur, le corps est engagé dans un ensemble de réponses à caractère automatique et non réflexe .
C'est pourquoi ces réponses permettent à l'enfant de construire, sur cet ensemble automatique, une activité gestuelle qui, elle, est volontaire Exemple : l'enfant est assis, maintenu en appui sur un bras. Il lui est possible de pianoter avec ses doigts alors que le membre supérieur est engagé dans sa réponse d'appui.
Ces diverses fonctions innées, globales et automatiques sont le fondement même de toute motricité organisée. Elles permettent l'adaptation du corps à chaque instant au milieu de vie dans lequel nous vivons, c'est-à-dire l'adaptation automatique du corps à réagir contre la pesanteur, tout en permettant le geste volontaire.


Schémas neuro-moteurs

Définition : Un schéma neuro-moteur est une réponse innée, régulée dans l'espace et dans le temps, dans laquelle les contractions musculaires sont organisées de manière globale et automatique, permettant au corps d'adapter sa position à une stimulation extérieure (motricité provoquée) ou à un changement de position d'origine volontaire.
En résumé, le nourrisson ou le jeune enfant valide dispose de comportements moteurs organisés, lui permettant de placer automatiquement son corps dans l'espace, dans des situations qui lui laissent la possibilité d'agir sur le monde extérieur, tout en équilibrant très exactement ses réponses motrices contre la pesanteur


L’environnement


De nombreux facteurs interviennent dans le développement psychomoteur du jeune enfant, tant sur le plan génétique que sur le plan environnemental.
L’hérédité, la place dans la fratrie, les choix éducatifs des parents, l’environnement naturel vont se combiner et influencer le développement de l’enfant.
La vie relationnelle est un facteur essentiel pour l’élaboration du développement psychomoteur.
Quel que soit son environnement (famille, hôpital, pouponnière), l’enfant a besoin, pour lui permettre un développement psychomoteur et psycho-affectif harmonieux, de recevoir une qualité et une continuité d’attention pour mettre en place des attachements privilégiés, c’est-à-dire des relations stables et sécurisantes.

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sources

Université PARIS-VI Pierre et Marie Curie
Faculté de Médecine Pitié-Salpêtrière
Nelly Thomas

Université de Rennes 1 - Faculté de Médecine.

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