Parallèlement au holding et
à la préoccupation maternelle primaire, Winnicott
développe le concept de la capacité d’être
seul qu’est l’expérience d’être
seul en présence de quelqu’un d’autre. Le fondement
de cette capacité est paradoxal puisqu’il consiste
à faire l’expérience de la solitude avec quelqu’un
d’autre : par exemple, un enfant de 6 ou 7 mois peut manipuler
un très long moment son hochet, allongé tranquillement
sur un tapis, sachant que sa mère est tout près
de lui. Il est concentré et rassuré par sa présence
alors qu’elle n’intervient pas. A ce stade, la continuité
d’existence de la mère est indispensable et la sécurité
qu’elle offre rend possible une expérience positive
de solitude pour un temps limité. « être seul
en présence de quelqu’un est un fait qui peut intervenir
à un stade très primitif, au moment ou l’immaturité
du moi est compensée de façon naturelle par le support
du moi offert par la mère, puis vient le temps ou l’individu
intériorise cette mère-support du moi et devient
aussi capable d’être seul sans recourir à tout
moment à la mère ou au symbole maternel »
De même il est important que la mère s’identifie
temporairement à son enfant pour pouvoir répondre
au mieux aux besoins de celui-ci et lui apporter les soins nécessaires.
Toutes ces étapes permettent l’édification
de la personnalité de l’individu et le début
d’indépendance de l’enfant envers sa mère.