Il
ne faudrait pas pour autant circonscrire la question du surpoids
à un problème de nutrition et de sédentarité
à l’exclusion de tout paramètre psychologique.
Un enfant psychiquement fragile ou évoluant dans un environnement
instable peut vite basculer vers des troubles du comportements
alimentaire tels que tachyphagie, l’hyperphagie, ou le grignotage
;Pour Bernadette Oberkampf, « le grignotage vient facilement
combler chez l’enfant un sentiment d’ennui, de solitude,
ou d’angoisse, cela peut être le cas pour un enfant
laissé seul à al maison après l’école
et qui va combler ce vide transitoire en absorbant de la nourriture
: le risque de dérapage existe si l’enfant ressent
tous les jours le même sentiment ». L’obésité
peut être aussi réactionnelle à un sentiment
d’abandon. Comme l’expérience du deuil prématuré
d’un parent, celle d’un divorce ou d’un simple
déménagement. 3 Chaque fois, c’est en mangeant
ses maux que l’enfant grossit ».
Les adolescents trouvent également dans la nourriture une
réponse à leurs angoisses : » En s’autonomisant,
ils découvrent la société dans laquelle ils
vivent, société tiraillée en permanence entre
l’obsession de la minceur et celle de l’obésité.
Difficile dans ces circonstances d’avoir un comportement
alimentaire harmonieux. »
Reste qu’il est toujours difficile, selon Bernadette Oberkampf,
de savoir si l’existence de troubles psychologiques chez
une enfant peut entraîner des troubles du comportement alimentaire
et le conduire à l’obésité, ou si plutôt
l’obésité qui induit ce type de troubles.
La pédiatre observe néanmoins que l’enfant
obèse est souvent immature pour son âge. C’est
généralement « un enfant plutôt passif
qui évite les choses pénibles. Très sensible,
voire susceptible, il ne s’oppose pas. Il a du mal à
s’affirmer et à exprimer des émotions négatives
comme la colère. Il préfère se cacher et
pleurer seul quand il est vexé et se consoler avec la nourriture.
»